1001 territoires

Collectif « pour la réussite de tous les enfants à l’école »(Travail avec le groupe ICEM pédagogie Freinet)

Nous sommes d’accord sur cette hypothèse que les enfants des milieux populaires souffrent à l’école parce qu’il n’y a pas suffisamment de prise en compte et d’effort de compréhension de leur réalité. Il manque pour eux une cohérence entre les différents milieux auxquels ils sont confrontés. Le corps enseignant a la responsabilité de l’ouverture de l’école sur le quartier, de l’organisation de la rencontre avec les familles. Mais cette institution ne peut pas réaliser ce travail seule et de manière isolée. Nous souhaitons engager tous ensemble un chantier, dans la durée, pour rechercher à offrir les meilleurs conditions pour construire une communauté éducative qui assure de manière effective notre responsabilité collective dans l’éducation des enfants, avec les différents acteurs du champ éducatif, les parents. Condition incontournable pour permettre à chaque enfant de faire des liens entre les différents espaces dans lesquels il évolue et de trouver ainsi du sens et de la cohérence dans les apprentissages organisés de manière différente à l’école, enfamille, dans le milieu associatif…. Nous souhaitons pouvoir porter ces questions à l’échelle de la ville où les décisions politique se prennent. Plusieurs pistes sont à construire : mettre en évidence que le savoir est partout, et qu’il est nécessaire que tous les espacesd’apprentissage (école, familles, associations, DRE….) se rencontrent , s’organisent ensemble pour que les enfants comprennent la cohérence entre tous ces espaces et en retire d’utiles enseignements de façon à devenir le plus possible« citoyens ». que l’école n’est pas juste un lieu d’apprentissage d’un métier qui permette aux enfants de pouvoir s’inscrire sur le marché du travail. Qu’il est indispensable que l’école crée les conditions d’un bien être pour que les enfants puissent prendre une part active dans leurs apprentissages. La première démarche pour assurer les conditions de ce bien être est d’ouvrir l’école aux parents. Catherine Hurtig Delattre auteur du livre: « la co éducation à l’école c’est possible », peut beaucoup nous apporter dans cette recherche.Nous envisageons une rencontre courent du mois d’Octobre pour démarrer ce travail et peut être l’ouvrir à d’autres. Par exemple ATD Quart Monde qui a réalisé un travail magistral concernant cette notion de croisement des savoirs où chacun est considéré comme expert, « sachant » et est invité à apporter sa contribution pour trouver les solutions les mieux adaptées aux besoins repérés ensemble.

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Rencontre avec Catherine Hurtig Delattre auteur du livre « la co éducation à l’école c’est possible ».

L’action « 1001 territoires pour la réussite de tous les enfants à l’école », s’est développée depuis 6 ans dans différentes régions, avec la volonté de jouer un rôle dans la réduction des inégalités à l’école. Elle concerne des associations notamment ATD Quart Monde, et plein d’autres acteurs de structures éducatives, les parents d’élèves, les enseignants.

Le constat de l’inégalité généré par notre système éducatif n’est plus à faire.

Nous sentons la nécessité de nous engager avec toutes les familles, notamment celles qui sont les plus éloignées de l’école dans une dynamiques locale qui mobilise toutes les ressources éducatives en créant une communauté éducative où chacun est responsable, impliqué, à égalité. Parce que c’est aussi l’école qui est éloignée des parents.

 

Divers études ont mis en évidence le rôle essentiel des parents dans la lutte contre l’échec scolaire. Les parents peuvent aider les enseignants. On a besoin de leur éclairage. Pour garantir la réussite de tous, l’école se construit avec la participation des parents. Un des enjeux majeurs est d’aider l’enfant à vivre la différence entre sa culture familiale et la culture scolaire. Non pas sur le mode du conflit mais sur le mode de la complémentarité. Si l’enfant est tiraillé entre deux référents forts, ses parents et son enseignant, il est difficile pour lui de s’investir sereinement dans les apprentissages.

Il y a également des problèmes qui dépassent les murs de l’école (notamment les questions de précarité, des condition de logement qui ont des incidences sur le bien être des enfants, leur disponibilité) les enseignants ne peuvent pas faire la classe sans se soucier de la réalité de ce que vivent les enfants. L’école ne peut assumer son rôle que si elle considère l’élève dans toutes ses dimensions.

Nous vivons dans une société cloisonnée. Beaucoup d’enseignants vivent en dehors du tissu social dans lequel vivent leurs élèves. Ils ne le connaissent pas.

Les enseignants sont isolés dans un système en constante évolution: besoin de médiateurs: tout le tissu social qui peut être en lien avec ces familles. D’où cette notion de communauté éducative qui est à construire.

 

1001 Territoires, sur le quartier Beaubrun/Tarentaize, existe depuis Avril 2016. Cette initiative a fait suite à une rencontre avec un des fondateurs de 1001 territoires où Le babet, Terrain d’Entente, le DRE étaient présents.

Nous ressentions que pour l’ensemble des familles l’école est centrale. Les enfants estiment leur valeur en fonction de leur résultat scolaires, s’ils ne sont pas conformes, ils en conclus qu’ils sont bêtes « je n’ai pas de cerveau.

De nombreux parents sont inquiets, souffrent devant les difficultés de leurs enfants à l’école. Ils cherchent à les encourager dans leurs efforts, mais se sentent parfois d’impuissants à pouvoir être partie prenante d’un système qu’ils comprennent mal.

Nous avons pris contact avec estelle chatre qui est coordinatrice du REP, et qui participe à cette action depuis le début.

 

Plusieurs mères de familles se sont mobilisées rapidement. Elles ont su nommer un certain nombre de difficultés de compréhension et de communication avec les enseignants, elles ont fait différentes propositions et elles ont manifesté une grande volonté à collaborer avec l’école, à s’impliquer. Des enseignants volontaires se sont rendus disponibles pour échanger avec les parents.

Nous avons décidé d’ouvrir des espaces dans les écoles, des espaces « info parents » chaque semaine, sur le temps de décharge des directrices d’école, avec la présence de parents et des membres du collectif. Ces espaces sont dédiés à l’accueil des parents qui souhaitent aborder des questions sur la scolarité de leurs enfants. Ils se sont organisés de manière différente dans chaque école. Certaines situation très difficiles, voire même de détresse ont été accueillies dans ce cadre. Nous avons également proposer deux rencontres autour du jeu, en réponse à l’inquiétude de nombreux parents concernant l’absence des devoirs à la maison. Une façon de mettre en valeur ce qui peut se vivre autour du jeu dans les familles qui est source d’apprentissage.

 

Nous sentons la possibilité d’aller plus loin dans ce travail d’ouverture de l’école sur la réalité du quartier, pour rendre les parents plus acteurs de la scolarité de leurs enfants. C’est pourquoi nous vous avons proposé cette rencontre pour échanger sur nos pratiques avec l’objectif de les enrichir

Nous avons invité Catherine parce qu’elle a réalisé un remarquable travail pour construire différentes occasions de rencontres et d’échanges avec les parents, et cela, le plus souvent possible.

Catherine estime qu’à l’école, l’enjeu est le rapport au savoir. Le savoir est partout, l’enfant n’apprend pas qu’à l’école. Il est important d’éviter de construire une barrière entre le savoir formel de l’école et le savoir informel de la famille.

L’enfant ne réussira à l’école que s’il sait faire des liens entre ce qu’il apprend dans les différentes sphères de sa vie.

En différentiant les espaces, les temps, les lieux de rencontre et de concertation avec les familles, l’opportunité est donnée d’améliorer l’accès de l’un à l’autre. . La prise en compte des attentes et des difficultés des parents est un facteur important de leur implication.

Catherine va nous proposer un diaporama qui propose une analyse de la situation actuelle et les possibilités de répondre à cet impératif de co éducation

Publié par Terrain D'entente dans 1001 territoires, 2017, 0 commentaire

1001 Territoires, pour la réussite de tous les enfants à l’école

Il y a 5 ans, un comité « pouvoir d’agir » s’est crée, à Paris, à partir de différents constats: les enfants des milieux populaires sont massivement en difficulté à l’école. Il n’y a pas d’espace pour se parler entre enseignants et parents. Les attentes par rapport à l’école sont différentes dans les deux milieux. Beaucoup de rendez vous manqués pour pouvoir mieux se comprendre. Des convictions étaient également mises en évidence: chaque enfant, dès 3 ans a toutes les capacités pour rentrer dans les apprentissages scolaires. Il est nécessaire de créer des conditions d’accueil des familles dans l’école pour construire des liens de connaissance et de reconnaissance mutuelle. La co éducation à l’école est possible et incontournable pour offrir les meilleures conditions d’apprentissage aux enfants.

Cette action part donc de la volonté de constituer une communauté éducative. Construire un collectif, avec les parents et tous les partenaires concernés par l’éducation, pour aller ensemble dans le même sens, pour le bien être des enfants. Les parents, les structures de quartier, sont complémentaires de l’école.

Sur le quartier Beaubrun/Tarentaize, la proposition au cours des différents échanges qui rassemblent les partenaires de l’éducation (parents, associations, DRE, REP), a été de faire des constats sur la façon dont chacun vit l’école. Ce qui fonctionne bien, ce qui est difficile, ce qu’on voudrait voir changer, les propositions éventuelles.

Depuis Avril 2016, des rendez vous réguliers se déroulent au centre social du Babet en présence des parents, des enseignants, de Terrain d’Entente, du DRE et du REP. Depuis le début de ces rencontres, la parole a pu circuler de manière positive. Elle est due pour bonne partie à la qualité de présence des parents. Ils ne sont pas venus pour dénoncer, mettre en cause les capacités pédagogiques des enseignants. Ils ont su exprimer leur difficulté à bien comprendre le fonctionnement de l’école, il ont mis en évidence les contraintes qui les empêchaient de participer aux rencontres proposées dans l’école (la garde de leurs enfants en bas âge, leur honte pour certains, face à leur manque de compréhension de la langue française, de la lecture et de l’écriture….) On peut repérer une évolution rapide de ces temps de rencontres, les échanges se vivent de manière horizontale, chaque adulte présent exprime sa façon de comprendre la situation, fait des suggestions, prend position.

Nous avons, à partir de ces échanges, mis en place des actions qui deviennent pérennes. Notamment la présence des parents dans chaque école, une matinée par semaine, prévue sur le temps de décharge des directrices de façon à créer des rencontres régulières, pour permettre des échanges entre le représentant de l’école, d’un partenaire responsable de l’éducation et des parents: « les espaces info parents ».                                                                                                     Nous avons pu mesurer la volonté de nombreuses mères de famille à se mobiliser pour prêter main forte à des adultes plus en difficulté pour s’adresser à la bonne personne, au service concerné pour réaliser les démarches nécessaires à la scolarité de leurs enfants. Cette capacité à renoncer au programme de la matinée pour certaines et d’accompagner une mère qui n’arrive pas à s’orienter vers le service administratif adapté.                                                                                   Nous commençons à envisager des temps d’animation au sein des écoles pour répondre à des préoccupations de parents. Des temps de jeux, entre adultes, pendant le temps scolaire sont déjà engagés à l’école de Tarentaize. Ces rencontres tentent de répondre aux préoccupations des parents de pouvoir aider leurs enfants dans les apprentissages.                                                        Tout le monde connait des jeux, beaucoup en pratiquent. L’objectif est que ces temps s’organisent le plus possible sous forme d’échange de savoir. Il est question d’imaginer des temps de réalisation de jeux pendant « les espaces info parents ».

« Travailler ensemble, produire ensemble, ce n’est pas seulement apprendre comment faire les choses, mais aussi trouver ensemble l’énergie et la raison de le faire ». (Laurent OTT)

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