2018

TERRAIN D’ENTENTE MODE D’EMPLOI

Pour ceux et celles qui voudraient mieux comprendre notre démarche, il est important de faire un petit retour sur ce qui a motivé la mobilisation d’une poignée de militants et de décrire au mieux notre mode d’organisation et l’évolution de ce petit collectif. 

Nous avons voulu répondre à une demande d’enfants qui nous rejoignaient, de plus en plus régulièrement, aux permanences d’accès aux droits ouvertes aux adultes, sur le quartier, dans le cadre du Portail « Pour l’accès aux droits sociaux ». Ils réclamaient du temps de présence, ils se dénommaient « les galériens ». Des enfants qui se retrouvent seuls sur l’espace public, qui ne sont pas inscrits au centre de loisir, qui n’ont pas d’activité sportive, qui ne partent pas en vacances

Depuis Avril 2011, nous proposons des ateliers de rue, tout au long de l’année au pied des immeubles, dans le quartier Beaubrun/Tarentaize à St Etienne, au Parc Jean Ferrat. Nous apportons des tapis, des jeux diversifiés pour tous les âges. Nous offrons un temps de présence pour rejoindre les familles qui ont très peu accès aux structures censées accueillir tout le monde.                                                                                                                              

Notre accueil est libre, inconditionnel et gratuit.       

 –    Un accueil libre, où l’on vient quand on veut, et l’on part quand on veut. C’est le respect du temps des personnes qui nous rejoignent quand c’est utile et possible pour elles.

–    Un accueil inconditionnel, pour tout le monde. Notre collectif organise ces rencontres à partir du multi âge et du multiculturel. 

–    Un accueil gratuit qui nous met dans un lien d’égalité où chacun participe en fonction de ses centres d’intérêt et non de ses possibilités financières.

Notre équipe est constituée d’une militante permanente, fondatrice de l’association, qui travaille bénévolement et de deux personnes plus présentes sur les tâches administratives, et ponctuellement, sur les différents temps de rencontre.                                                                         

Deux personnes sont employées, au travers d’un CCD, pour assurer la coordination de l’équipe et de ce qui se développe au fil des années.                                                                                         

Des jeunes travailleurs sociaux en formation nous rejoignent chaque année pour un temps de stage d’une durée de deux à 9 mois.                                                                                                     

Des jeunes volontaires en services civique, sur un contrat de 10 mois, sont présents tout au long de l’année.                                                                                                                                 

Tout au long de ces années, des personnes bénévoles nous ont rejoint, se sont engagées avec nous, puis sont reparties. 

Le statut très fragile, très précaire de notre association, nécessite l’implication de chacun pour agir, penser, comprendre la réalité et que les projets puissent aboutir. Une forte relation de confiance et de reconnaissance réciproque s’est construite entre nous. Les liens s’approfondissent avec beaucoup. On estime ensemble aujourd’hui, que nous avons dépassé le stade de la relation classique au sein d’une association, avec des « responsables » et des « adhérents ». Nous pouvons compter sur les ressources des uns et des autres pour développer ce qui nous parait utile et nécessaire. Nous avons développé une histoire commune, des centres d’intérêt communs, notamment le soucis du bien être des enfants.

Toutes les actions que nous menons à bien se construisent avec la participation active d’adultes et d’enfants de plus en plus nombreux. Il existe différents espaces de participation démocratique :

 –  Le café des femmes le vendredi après midi où on partage nos préoccupations, nos envies, où nous élaborons des projets à partir des besoins manifestés.

 –  Le conseil des enfants le samedi après midi, où chacun est invité à dire comment il vit ces temps collectifs, où on réfléchit à la meilleure façon de régler certaines difficultés, où nous élaborons des projets. 

 –  Le CA, des adhérentes habitantes du quartier (6 à 15), décident des orientations de l’association. Il se réunit une fois par mois depuis octobre 2018.                           

 –  Le café des ados le jeudi à 17h. Pour parler des difficultés, construire des projets à partir des envies.

Nous avons développé des actions qui sont devenues pérennes, depuis bientôt 9 ans. Nous poursuivons les ateliers de rue, (tous les mercredis et samedis, et les mardis et vendredis pendant les vacances scolaires). À partir de cet espace, nous organisons de plus en plus régulièrement, avec les enfants, différentes sorties, à leur initiative (Piscine, sorties natures, cinéma, théâtre, temps de lecture dans une librairie d’enfants, atelier bricolage organisé par un autre collectif). 

Les enfants ont su manifester leurs inquiétudes et leur difficulté à accomplir seuls le travail scolaire, nous proposons des temps réguliers pour l’aide aux devoirs, et également une présence auprès des adolescents, qui souhaitent se retrouver après l’école, dans un espace où ils se sentent accueillis. ces temps sont organisés dans une salle mise à disposition de la Mairie.

Suite à nos conversations avec les adultes qui nous ont rejoint au cours de ces temps de présence réguliers les mercredis et samedis après midis, des espaces se sont crées pour répondre à des besoins, et des envies. La garde mutuelle des bébés le Jeudi après midi et le café des femmes le vendredi après midi dans les locaux mis à disposition par le Centre social du quartier « le Babet. »

Des moments exceptionnels, rythment l’année, ils sont également construits à partir de ce que manifestent les enfants, les adultes. La période du Ramadan est un temps très privilégié de l’année pour les familles de confession musulmane, elle conditionne l’agendas de notre association. Nombreux sont les adhérents de Terrain d’Entente à vivre sur ce rythme. Chaque année, nous souhaitons manifester notre marque d’attention et de respect sur ce temps fort et important. Chaque vendredi soir, nous nous retrouvons au Parc Jean Ferrat, pour fêter la rupture du jeûne.

Les « rencontres pays d’origine » sont proposées en fonction des envies des adultes de présenter leur région d’origine. Nous nous adressons à des familles qui sont nombreuses à avoir migrées, en laissant loin derrière, une partie d’elles même, une famille, des racines. À l’heure où les migrations sont interprétées comme des menaces, un danger, qui justifient la fermeture de toutes les frontières, nous affirmons ensemble que ceux qui rejoignent ce territoire sont pour nous tous une ressource, une richesse et une force. Ces rencontres sont l’occasion de découvrir d’autres façons d’appréhender la réalité et de l’organiser au quotidien, de partager nos compréhension du monde, nos cultures et de nous enrichir mutuellement.                                                                                                                          

Un diaporama est réalisé et commenté par leurs autrices, au cours de ces rencontres. Eh puis nous dansons, nous chantons, nous dégustons des saveurs qui nous font vivre et goûter des petits bouts de nos diversités. Autant de fenêtres qui s’ouvrent sur le monde qui devient plus accessible et plus joyeux.

Avec les adultes, nous avons mis l’accent depuis quelques années, sur les ateliers beauté, bien être et les sorties au Hammam. « Le hammam, on le reporte tout le temps ». Ces femmes ont très peu d’occasion pour prendre soin d’elles. Il y a des choses plus vitales à tenir pour essayer de construire un quotidien acceptable. Ces temps que l’on consacre à soi même et aux autres nous paraissent de plus en plus essentiels. Une petite exception dans le quotidien, un petit changement, un peu d’énergie retrouvée, et le regard qui change sur soi même, change sur ce qui nous entoure, change sur ce que nous ressentons comme possible. Nous retrouvons le sens, l’envie et l’énergie de construire avec d’autres. Les ateliers beauté, coiffure, maquillage, épilation, coloration, sont entièrement pris en charge par les adhérentes. Chacune participe aux frais, apporte le matériel nécessaire, consciente de la fragilité financière de notre association et volontaire pour apporter sa contribution de façon à la rendre pérenne. Latifa, masseuse, réflexologue et aromathérapeute, propose des séances d’auto  massage une fois par mois. 

Ces familles, pour la plupart, subissent un enfermement sur leur lieu d’habitation qui les dévitalise. Toutes, pour décrire cette situation, évoquent des termes très éloquents : il est question de « prison », de « fond du puits », de « galère »…. La demande de sorties est permanente, pressante. Avec des moyens dérisoires, nous tentons des réponses, en saisissant des opportunités. Le centre social bénéficie d’un financement de la CAF, durant la période estivale, pour organiser des sorties « familles ». Durant les deux mois été, des sorties au bord de l’eau sont proposées chaque mercredi.

Au jardin « Les Moyens du Bord », dans un magnifique espace de nature qui surplombe la ville, nous retrouvons cette association amie, quelques journées durant l’été, pour partager des temps de cuisine collective, des ateliers d’expression artistique, des spectacles.

Depuis plusieurs années nous organisons des séjours vacances dans une ferme en Haute-Loire. Nous rejoignons des amis paysans boulangers, éleveurs de chèvres avec lesquels nous construisons ces séjours. Depuis deux ans, nous nous sommes associés à différents collectifs, pour gérer une propriété,dans les Monts du Forêt, à Champoly. Des séjours ont été réalisés pour rassembler des membres de ces collectifs et créer ainsi des opportunités de rencontres, des petits temps de vie qui nous sortent de nos cloisonnements, de nos entre soi.                                                                                                               

Les enfants sont nombreux à souffrir à l’école, à ne pas y trouver leur place, à ne pas arriver à se rendre disponibles pour apprendre, et à, finalement, estimer qu’ils n’ont « pas de cerveau ». Au fil des années, leurs ambitions se réduisent, ils renoncent d’eux mêmes à poursuivre des études. Face à ce désastre, à cette très préjudiciable blessure narcissique, où les enfants n’osent plus rêver à un avenir où ils pourraient se réaliser, nous recherchons d’autres modes d’expression pour chacun qui le valorise, qui mette en évidence des capacités bien réelles. Nous développons des ateliers d’expression artistique après avoir repérer les envies, pour mettre en évidences tous ces talents qui ne demandent qu’à s’exprimer. En fonction également des personnes qui rejoignent notre équipe, tout au long de l’année, nous proposons du théâtre, du rap, de la peinture, des paperolles, des origamis…

Les Ateliers cuisine sur le terrain sont également un moyen pour produire des choses ensemble, se rapproprier notre pouvoir d’agir. Nous apportons régulièrement une carriole fabriquer par un ami et nous réalisons avec les enfants, notre goûter du jour. D’autres envies ont émergées de cette pratique régulière, nous organisons des après midis « galettes » cuites au feu de bois, à partir d’un foyer réalisé par les enfants. Les mères prennent alors en charge la cuisine, et s’occupent de tout les nécessaire: l’achat des denrées, les ustensiles de cuisine.

Nous insistons également sur l’accès aux droits et nous nous inquiétons notamment des conditions de travail qui se détériorent. Ces femmes quand elles travaillent sont pour l’essentiel femmes de ménage. Elles se retrouvent toutes dans des conditions indignes, leur santé est mise à mal. Leur corps est véritablement malmené, beaucoup développent des troubles musculo-squelettiques invalidants. Certaines, à 35 ans ne peuvent plus exercer leur métier. Nous avons construit un partenariat avec la médiatrice santé du quartier, une assistante sociale de la sécurité sociale,  une juriste, des militants de la LDH, et nous recherchons des issues sur ces problèmes de santé au travail. 

En fonction des événements qui frappent notre société et qui nous indignent, nous trouvons des modes de manifestations, d’actions. Nous recherchons à exprimer nos valeurs, nos aspirations de manière publique.

Nous avons organisé une soupe, sur l’espace public, suite à l’attentat contre Charlie Hebdo en 2015, pour faire la démonstration qu’il est possible et heureux de construire des choses tous ensemble et de pouvoir faire société commune. De nombreuses familles voulaient affirmer qu’elles s’indignaient face à la violence de cet attentat. Mais nous voulions également manifester notre inquiétude face à  la stigmatisation des citoyens de confession musulmane, des populations qu’on cherchait ainsi à opposer aux autres. Nous avons souhaité manifester notre sentiment d’injustice face à cette tentative d’amalgame, qui a semé le trouble et la confusion. Nous sommes face à de très graves et très préjudiciables injustices qui se multiplient toujours depuis ces dernières années. Il s’agit pour nous de les identifier clairement pour se donner les moyens d’y apporter des réponses adaptées. 

Certains étés, nous organisons un tournoi de foot, en soutien au peuple palestinien avec le collectif BDS (Boycotte, Désinvestissement, Sanction en direction du gouvernement d’Israël). Notre modeste contribution à cette solidarité internationale pour dénoncer ce génocide et ce massacre qui perdurent depuis bien trop longtemps et réclamer que le peuple palestinien puisse bénéficier enfin du droit internationale pour exercer sa souveraineté et reconstruire un état de droit et de dignité.

Un autre tournoi de foot a été réalisé en hommage à Yassin, 20 ans, qui est mort assassiné. Yassin était un enfant du quartier. C’était une façon pour nous de dire que nous ne voulons plus de cette sauvagerie pour nos enfants. La violence est partout. La violence pour nos jeunes, c’est d’abord de ne pas pouvoir choisir une formation, un métier qui leur plaise vraiment, de ne pas avoir un revenu suffisant pour vivre bien. Nous voulons nous battre ensemble contre cette injustice qui bloque leur avenir.

Nous participons au bal populaire du 14 Juillet que le collectif « Les cris du quartier » propose depuis quelques années. Nous avons été sensibles à cette invitation qui rassemble plusieurs associations qui interviennent dans différents quartiers. Toutes développent des démarches d’éducation populaire et réalisent des actions culturelles, sportives, citoyennes qui s’adressent à tous. Tout un réseau se développe pour mutualiser et enrichir les initiatives de chacun. Une journée de fête ouverte à tous, où chacun apporte sa contribution.

Les ados deviennent beaucoup plus partie prenante dans nos actions. Plusieurs ont participé à l’organisation des tournois de foot. Nous avons pu organiser une grande fête d’Halloween au parc Courriot avec plusieurs jeunes, qui ont fait preuve d’une grande créativité. Certains viennent nous prêter main forte pour l’aide aux devoirs. 8 se sont organisés pour être admissibles au Fond de Participation des Habitants, en rédigeant un dossier qu’ils ont présenté à une commission. La somme d’argent qu’ils ont récolté a contribué largement au coût d’un séjour à la Ferme des fromentaux à Retournac, pendant les vacances de printemps.  Des projets plus en direction des filles deviennent possibles également.

Nous avons initiés des collectifs que nous allons poursuivre :

Le Collectif « Accès aux vacances pour tous ». La marchandisation des vacances a eu pour conséquence d’une part, de supprimer en l’espace de quelques années, la moitié des lieux d’accueil, et de priver ainsi un nombre de plus en plus important de personnes d’espace de ressourcement pendant l’été ; et d’autre part, de nous faire devenir consommateurs de loisirs. Nous avons réfléchi au sens des départs en vacances. Partir, c’est l’occasion de rencontrer d’autres personnes, de découvrir d’autres façon de vivre et de comprendre la réalité. Dans cette société qui se segmente, le temps des vacances peut être l’occasion de construire d’autres relations humaines. Il nous faut développer des opportunités de rencontre avec tous. Cette aspiration concerne de plus en plus de monde, au delà des familles des milieux populaires.                                                              

Le Collectif pour la réussite de tous les enfants à l’école avec le groupe ICEM Freinet. Nous émettons l’ hypothèse que les enfants des milieux populaires souffrent à l’école parce qu’il n’y a pas suffisamment de prise en compte et d’effort de compréhension de leur réalité. Le corps enseignant a la responsabilité de l’ouverture de l’école sur le quartier, de l’organisation de la rencontre avec les familles. Mais cette institution ne peut pas réaliser ce travail seule et de manière isolée. Nous souhaitons engager un chantier, dans la durée, pour rechercher à offrir les meilleurs conditions pour construire une communauté éducative qui assure de manière effective notre responsabilité collective dans l’éducation des enfants, avec les différents acteurs du champ éducatif, les parents.    

Condition incontournable pour permettre à chaque enfant de faire des liens entre les différents espaces dans lesquels il évolue et de trouver ainsi du sens et de la cohérence dans les apprentissages organisés de manière différente à l’école, en famille, dans le milieu associatif….   

Il est nécessaire que tous les espaces d’apprentissage se rencontrent , s’organisent ensemble pour que les enfants comprennent la cohérence entre tous ces espaces et en retire d’utiles enseignements de façon à devenir le plus possible « citoyens ».                                                                                                                                                                                                               

Cette démarche particulière s’est inspirée de ce que développent d’autres collectifs à l’échelle du territoire, depuis près de 20 ans : Intermèdes Robinson à Lonjumeau dans l’Essonne, Madame Rutabagga à la Ville Neuve à Grenoble. Nous sommes ensemble engagés dans une démarche d’éducation populaire qui se réfère à la pédagogie sociale 

La pédagogie sociale est une pédagogie engagée, une pédagogie de l’action. Elle se base sur la réalité sociale et sa critique, avec la volonté de construire un projet collectif, d’initier quelque chose qui n’existe pas encore, pour transformer cette réalité, pour là rendre plus vivable, plus habitable.

Depuis toujours, elle s’adresse à une population à l’ère de la précarité, des catastrophes sociales. C’est une pédagogie de l’urgence qui tente de retisser des relations sociales. Face à la précarité, nous cherchons à créer du durable, de l’ordre d’une sécurité relationnelle et sociale. Nous le réalisons à partir d’une pratique sociale communautaire à durée indéterminée.

Ces collectifs mettent en évidence ce que la société produit de plus violent : les ravages de la précarité, qui rendent impossible pour ces familles des perspectives d’avenir. Des familles qui ne peuvent pas s’inscrire dans un avenir commun, condamnées à la solitude, à l’incertitude, à l’instabilité permanente. Les conditions de travail indignes, l’inscription dans une logique de survie où on renonce peu à peu à faire valoir des droits, l’intégration de son statut dans la société « on est des arabes, on ment, on vole! », l’auto enfermement.

Ces collectifs mettent en évidence le travail considérable du quotidien réalisé par ces adultes pour assurer le plus de sécurité possible à leur famille, les ressourcesles forces de mobilisation qui se manifestent, si on sait être présent et impliqué, dans la durée. Les aspirations à produire collectivement des choses utiles à la société. Et enfin, les capacités des enfants et des jeunes qui s’adaptent en permanence à l’imprévu, qui font face aux dangers de la rue. Des enfants et des jeunes qui prennent en main les choses: ils se saisissent de toutes les opportunités qui se présentent, ils s’ inscrivent seuls à des club sportifs et en assument les contraintes, prennent en compte le budget familial et renoncent aux activités dont ils rêvent quand ils les estiment trop coûteuses. Ils prennent des initiatives lorsqu’on sait être présents à leur côté  de manière inconditionnelle.

Ces ressources qui donnent la force et le souffle pour continuer sans relâche de rechercher des solutions d’espoir.

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La biennale de TRACES le 24 Novembre 2018 salle Descours

TRACES est un réseau régional d’ associations, d’artistes, de chercheurs, d’institutions patrimoniales  qui s’est constitué dans les années 1990-2000. Il crée régulièrement des évènements qui  mettent en évidence que les mouvements migratoires  font partie de l’histoire de la région comme de son devenir. Les différents acteurs s’investissent dans des actions sociales, scientifiques, politiques et culturelles qui prennent en compte ces faits migratoires. Le premier objectif du réseau est de travailler à changer les représentations pour espérer un effet concret sur les rapports sociaux. 

Tous les deux ans, ils organisent des manifestations sur toute la région, ouvertes à toutes les initiatives, pour mettre en valeur l’histoire, la mémoire et l’actualité des migrations.

De nombreuses familles, adhérentes de Terrain d’Entente, ont vécu des parcours d’immigration et ont éprouvé cette expérience difficile, insécurisante d’avoir à s’intégrer sur un territoire  inconnu, de tenter de construire son avenir en terre étrangère. Nous nous reconnaissons donc dans les démarches entreprises par ce réseau. Aussi, lorsque l’association Les moyens du Bord nous a sollicité pour organiser un évènement avec le collectif Agir Abcd de Montreynaud, nous avons immédiatement ressenti l’importance de nous y impliquer. 

Depuis plusieurs années, nous avons construit des liens d’amitié avec cette association. Nos temps de partage autour d’ateliers d’expression artistique, de jardinage, de journées festives ont crée une relation durable et bénéfique pour tous les membres de ces deux collectifs. Au fil des années, nous nous enrichissons de notre diversité. Nous trouvons parfois des espaces communs qui amplifient nos actions respectives.

La biennal de TRACES, a représenté pour nous une opportunité de nous manifester ensemble sur l’espace publique, avec l’intérêt également de découvrir l’association de Montreynaud. 

Cette proposition nous a été faite suite à l’annonce d’un livre que nous  réalisons sur l’histoire de Terrain d’Entente. C’est un livre à plusieurs voix qui  est l’occasion de récolter des témoignages de parcours d’immigration de femmes. Ces textes évoquent la solitude, l’absence, l’isolement, puis la rencontre avec Terrain d’Entente. Voici ce qui se manifeste en substance:

« J’ai trouvé avec ces femmes qui ont toutes grandies ailleurs, une identité…. 

Terrain d’Entente, c’est comme une famille qui redonne de l’espoir qu’on peut faire plein de choses, que c’est jamais trop tard. 

Il suffit de trouver un lieu, des gens qui font des choses ensemble, c’est tout. « 

Dans cet ouvrage, des femmes prennent la parole. Elles rapportent des histoires de vie portées par la volonté de rester forte et vivante face à la dureté de la vie. Nous découvrons des portraits qui mettent en évidence cette extraordinaire capacité à s’arracher de sa conditions, des déterminismes, de son destin social. Les ultimes efforts qui sont réalisés envers et contre tout.

Pour cette journée du 24 Novembre, 4 d’entre nous ont pris la parole, elles ont écrit et lu leur témoignage de leur parcours de vie, devant tous ceux qui ont répondu à l’invitation. Ces différentes paroles ont été mises en valeur par des temps de musiques et de chants qui offraient une respiration, la possibilité de faire tomber un peu le niveau d’émotion qui s’est manifesté tout au long de l’après midi.

L’assistance a pu mesurer la dureté de ces parcours de toutes ces femmes déterminées à tenter sans relâche d’offrir un avenir meilleur à leurs familles.  

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Spectacle à croquelinottes

Le samedi 6 octobre, il y avait un super spectacle à la librairie Croquelinottes. Nous sommes partis avec quelques enfants, pour profiter de ce petit moment très sympathique.
Le spectacle commençait à 14h30 et s’appelait “La merveilleuse et fantastique histoire de… Nos poubelles !”, une “Cirqu’onférence” de Thomas Finet et Sylvain Michel. Insolite ! Au début du spectacle on prévient les enfants que des déchets pourraient leur arriver dessus mais de ne pas les ramasser, de quoi les troubler un peu.
Le spectacle qui dure un peu plus d’une heure sensibilise habilement petits et grands à l’absurdité de notre façon de traiter les déchets et de la pollution. Jonglage, musique avec instruments fabriqués à partir de poubelles, de tuyaux, de planches, beat box, danse, diverses acrobaties, le tout en humour et en éduquant, avec un discours très pertinent.
Les petits ont adoré, et ont ensuite visité cette très jolie librairie dans tous ses recoins, ses petits cabanes.
Nous avons passé un super moment et ensuite sommes revenus sur le terrain pile pour l’heure du goûter.

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Bourg-Argental !

Nous sommes partis le 3 août au matin pour aller passer la journée à la piscine de Bourg-Argental, avec un groupe d’une cinquantaine de personnes, mamans et enfants.
Arrivés là-bas en milieu de matinée, nous nous sommes installés à une aire de jeux ombragée, près d’une petite rivière où certains sont allés tremper leurs pieds, et se promener le long de l’eau et dans les bois. Pendant ce temps, d’autres ont préféré aller visiter la fabrique de bonbons à deux pas, ou tout simplement s’amuser, jouer au tennis sur le terrain de l’aire.
L’heure de manger est vite arrivée, nous avons prit le pique-nique tous ensemble, en attendant avec impatience le moment d’aller nous baigner.
Arrivés à la piscine, les enfants se sont précipités joyeusement dans le bassin, ou vers les toboggans, rejoins rapidement par certaines mamans.
Comme nous le savons tous, la politique de la piscine interdit aux femmes voilées l’accès aux bassins. Plusieurs mamans et une membre de notre équipe se sont retrouvées isolées de notre collectif, sur un espace de pelouse, sans possibilité de participer avec nous, à ce joyeux après midi. Nous regrettons cet état de fait, et nous ne pouvons que témoigner des incidences et des impacts de ces règles qui privent les familles de partager leurs jeux, d’assurer la surveillance des enfants, ces mères étant contraintes de rester à distance. Nous l’avons vécu comme une exclusion pour ces femmes qui n’ont donc pas le droit d’aller se baigner, et pour ces mères, qui n’ont pas la possibilité d’accompagner seules leurs enfants à la piscine du fait de ces règles. Qu’en est-il de l’autonomie des familles à prendre soin de leurs enfants dans les différents espaces publics ?
Néanmoins l’après-midi s’est très bien passé, notre communauté éducative a pu suppléer à cette absence de présence adulte auprès de certains enfants. Les ados ont bien profité du grand bassin, joué entre eux, fait des sauts et des plongeons, certaines ont surmonté leurs peurs et ont courageusement sauté pour la première fois. Les plus jeunes étaient ravis de s’amuser sur les toboggans, et de grimper sur les accompagnateurs pour aller dans le grand bassin.
Nous sommes partis vers 17 heures, et notre collègue Sarah, dont c’était le dernier jour avec nous, nous a tous distribué pleins de bonbons avant de remonter dans le car.
C’était une belle journée, avec une super ambiance et pleine de bonne humeur.

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Journée au lac des sapins

Profitant de l’été au maximum, l’association terrain d’entente ainsi que les familles sont partis aux Lac des sapins, la nature permettant au groupe de changer d’air. Plusieurs activités étaient au programme.
Même si la piscine était fermée, le pédalo nous a permis de voir de magnifique paysages, et les reflets du soleil dans le grand lac, rafraîchissant, ce qui était très agréable avec la température (plus de 30 degrés).
La balade en poney, a plu aux enfants et leur a permis de faire le tour du lac, de visiter le site sans se fatiguer et d’une manière originale et amusante.
Baignade et détente, un excellent moyen de décompresser et de passer un bon moment tous ensemble.

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Atelier bricolage !

La Bricoleuse, atelier associatif localisé rue de la ville, nous a accueilli sur deux semaines pour en faire profiter quelques enfants du quartier de Tarentaize. C’est donc Flora qui nous a accompagné sur ces deux journées, permettant d’ouvrir l’esprit créatif de ces jeunes, mais aussi leurs faire découvrir les machines et les outils comme la perceuse à colonne ou la scie circulaire, bien qu’ils n’aient pas eu l’autorisation de les utiliser a cause de leurs jeune âge.
Premièrement nous avons dû imaginer : qu’avons nous envie de créer ? Nous avions voulu concevoir des objets utiles pour les enfants du quartier. C’est en partant de ce principe que nous avons crée un support de balançoire, ainsi que des dés en bois !
Deuxièmement, nous sommes passés à la conception, et c’est avec l’aide de Flora et de l’équipe de la Bricoleuse que nous avons scié et percé le bois.
Une fois la forme achevée, une légère couche de peinture nous a permis d’achever nos créations.
L’accueil et la patience de l’équipe de La bricoleuse, a permis un travail de cohésion entre les enfants, but rechercher par Terrain d’Entente, c’est pour cela que tenons à les remercier grandement pour cet accueil très chaleureux !
D’autres rendez vous sont prévus à partir de la rentrée, avec les enfants volontaires, et des adultes qui ont une âme de bricoleurs, des envies de restaurer des éléments de leur intérieur. Nous souhaitons en effet mettre à disposition à tous, ce type d’espace qui favorise des apprentissages, des échanges de savoirs, des rencontres où se croisent des personnes de tous les milieux.

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Vacances de Noël

Pendant ces vacances d’hiver de fin d’année 2017, la ville de Saint Etienne s’est animée. Une occasion pour les enfants du collectif de sortir du quartier et d’aller profiter des activités par petit groupe de dix accompagnés. Au programme : Patinoire, grande roue et cinéma !

Ainsi presque chaque jour des vacances fut marqué par une sortie. Ce furent des moments privilégiés et appréciés autant par les enfants que les adultes, qui nous permirent de partager des instants chaleureux, de mieux se découvrir, se rencontrer parfois, et d’ainsi finir l’année en beauté !

Mentions particulières :

-Merci aux enfants d’avoir aidé Safia la service civique à sortir de la patinoire en vie.

-Instant émotion et surconsommation de mouchoirs devant le film « Paddington 2 »

-Bravo au courageux groupe de fille qui n’a pas (trop) crié en haut de la grande roue.

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Nouvel an Kabyle sur le terrain

Ce Samedi 20 Janvier nous nous rejoignons aux abords du terrain de foot de Tarentaise pour une occasion très spéciale : En effet nous sommes quelques jours après le nouvel an kabyle, que nous avons décidé de fêter avec les habitants du quartier. Après les soirées de ramadan au mois de juillet, le repas de Noël en décembre, c’est l’occasion pour l’association de continuer à faire vivre l’idée de l’inter-culturalité, chaque membre du collectif enrichissant les autres par le partage de ses coutumes d’origine.

Nous nous retrouvons ainsi dans une ambiance cosmopolite et inter générationnelle. Ce jour-là nous a particulièrement marqué par l’entraide entre les différents acteurs du terrain : Les adolescents s’occupaient des plus petits sur les tapis de jeu, les mamans préparaient les galettes autour d’un feu de camps avec l’aide des enfants, le tout dans une atmosphère festive. Aucun incident ne fut à déplorer durant cette journée qui passa si vite.

En fin d’après-midi nous nous sommes tous régalé durant un instant convivial. Un concours de piment servi de clou du spectacle entre deux éducateurs de l’association. A ce jour le gagnant de ce concours reste toujours à déterminer et provoque encore des débats houleux.

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Sortie au Hammam

« Les femmes adorent le hammam. Se poser en eau chaude, se frotter le dos …. Là ça rigole et tout ça, elles sont contentes. et elles repartent chez elles avec une belle peau lisse, un grand sourire, elles sont toutes belles, toutes fraîches »

C’est le commentaire de Fyala qui s’enthousiasme de ces sorties.

Nous nous accordons ce plaisir environ 3 fois par an. Chacune a pris le parti de participer au coût, soucieuse de ne pas trop engager le maigre budget de l’association. Le hammam est sur le quartier, il nous est donc totalement accessible.

Les mères de terrain d’Entente n’ont que trop peu d’occasions de prendre soin d’elles. Ces après midis au Hammam sont l’occasion d’un grand ressourcement. Les intérêts pour cette sortie sont multiples.

Il y a le fait de s’accorder chacune ce temps là, en pouvant le vivre en toute quiétude, les enfants sont à l’école, les bébés sont confiés à notre collectif, chacune dispose donc de deux heures pour savourer ce temps de bien être.

Il y a aussi le fait de le vivre toutes ensemble. De partager cette intimité, de nous accorder de l’attention aux unes et aux autres permet l’enrichissement d’un lien profond qui se tisse depuis toutes ces années. Dans le hammam, nous sommes des femmes et rien d’autres, les différences sont gommées.

Nous étions 17 femmes pour notre dernière sortie! Nous retrouvons ensemble l’énergie pour retrouver nos forces vives. Ce sont des après midis de rires, de détentes, de confidences.

Il nous faudrait pouvoir le vivre plus souvent parce que pour nous, les temps sont dures et c’est un moyen concret pour construire nos forces.

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