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Rapport d’activité Terrain d’entente 2018

Rapport d’activité, Rapport moral de L’AG de Terrain d’Entente samedi 5 Mai 2018

Notre démarche
Nous sommes présents sur le quartier Beaubrun/Tarentaize depuis Avril 2011. Nous sommes engagés dans une démarche d’éducation populaire qui se réfère à la pédagogie sociale. C’est une pédagogie engagée, une pédagogie de l’action.
Nous cherchons à transformer, avec ceux qui sont concernés, ce qui est inacceptable: l’exclusion de tous les secteurs sociaux, économiques, politiques et culturels des familles les plus pauvres. C’est un problème de société qui nous concerne tous, le fait que des familles soient oubliées des structures qui sont censées accueillir tout le monde et soient privées de toute participation citoyenne.

Nous traversons une période très difficile. Le travail est devenu très précaire, les rémunérations sont insuffisantes pour assurer les besoins essentiels, ceux qui ont un travail le vivent dans des conditions indignes. Nous connaissons beaucoup de femmes de ménages qui à 35 ans, deviennent peu à peu invalides. Toutes celles qui ont tentées de développer une activité autonomes, ouvrir une petite boutique, un salon de thé, ont été découragées, empêchées. Les services publics sont de moins en moins accessibles, les démarches administratives sont épuisantes, les gens renoncent à faire valoir des droits. Beaucoup d’enfants ont très peu accès aux loisirs, au sport, très peu partent en vacances chaque année. Et nous voulons justement, que tous les enfants puissent bénéficier de tous ces espaces qui sont source d’épanouissement, pour permettre à chacun d’entre eux de se réaliser au mieux de leur potentiel.

Nous proposons des ateliers de rue tout au long de l’année, et bien d’autres choses qui se sont développées à partir des besoins et des envies manifestés. Notre accueil libre, inconditionnel et gratuit.
Un accueil libre, où l’on vient quand on veut, et l’on part quand on veut. C’est le respect du temps des personnes qui nous rejoignent quand c’est utile et possible pour elles.
Un accueil inconditionnel, pour tout le monde. Notre collectif organise ces rencontres à partir du multi âge et du multiculturel.
Le statut très fragile de notre association, nécessite l’implication de chacun pour agir, penser, comprendre la réalité et que les projets puissent aboutir.
Une forte relation de confiance et de reconnaissance réciproque s’est construite entre nous. Les liens s’approfondissent avec beaucoup. On estime ensemble que nous avons dépassé le stade de la relation classique au sein d’une association, avec des « responsables » et des « adhérents ». Beaucoup disent, « nous sommes comme une famille ». Fathia disait dernièrement que nous avons dépassé le stade de l’association. Nous comptons les uns pour les autres, nous pouvons compter sur les ressources des uns et des autres pour développer ce qui nous parait utile et nécessaire.
Nous avons développé une histoire commune, des centres d’intérêt communs, notamment le bien être des enfants. Fyala dit qu’à Terrain d’Entente, les enfants sont rois!
Nous affirmons d’ailleurs que nous sommes collectivement responsables de l’éducation et la protection des enfants. Toutes ces années nous avons tenté de nous engager avec les structures du quartier pour construire une communauté éducative où chacun se sent impliqué, responsable à égalité. Dans ce contexte, aujourd’hui nous pouvons compter sur de nombreuses familles du quartier. Toutes les actions que nous menons à bien se construisent avec la participation active d’adultes et d’enfants de plus en plus nombreux.
L’Amicale de Tardy qui nous ouvre grand ses portes, les Moyens du Bord avec lesquels nous développons différents projets, La ferme des Fromentaux, Intercosmos pour les vacances, le club « sport autrement » qui reçoit plusieurs jeunes du quartier, « les cris du quartier » qui rassemble chaque année différents collectifs pour organiser une grande fête populaire pour le 14 Juillet, et tous ces amis sur lesquels on peut compter chaque fois que nécessaire.

Nous avons un bel héritage dans les acteurs de la pédagogie sociale: Yanus Korczak avec la république des enfants, qui a construit plusieurs orphelinats, dans le ghetto de Varsovie, Célestin Freinet qui recherché un mode d’organisation avec les enfants de façon à ce qu’ils apprennent à coopérer, à participer concrètement aux apprentissages, pour devenir des citoyens qui s’impliquent dans la société.
Les actions collectives permettent de régler des problèmes concrets, rendent possible certaines choses. Elles mettent en évidence que le collectif est une force et une richesse. Elles sont l’occasion de développer pleins de savoirs et surtout mettent en évidence des savoirs qui ne sont pris en compte nulle part. Ensemble on sort de l’impuissance. Nous retrouvons le sens, l’envie et l’énergie de réaliser certaines choses.

Nos actions pérennes
Depuis 7 ans, nous poursuivons les ateliers de rue, (tous les mercredis et samedis, et les mardis et vendredis pendant les vacances scolaires),.A partir de cet espace, nous organisons de plus en plus régulièrement, avec les enfants, différentes sorties, à leur initiative. (Piscine, randonnée, cinéma, théâtre, lecture à la librairie Croquelinottes, prochainement atelier bricolage avec le CREFAD)
La garde des bébés le Mardi après midi et le café des femmes le vendredi après midi dans les locaux mis à disposition par le Babet.

Les ateliers beauté et bien-être :
Avec les adultes, nous avons mis l’accent cette année, sur les ateliers beauté, bien être et les sorties au Hammam. « Le hammam, on le reporte tout le temps ». Ces femmes ont très peu d’occasion pour prendre soin d’elles. Il y a des choses plus vitales à tenir pour essayer de construire un quotidien acceptable. Le quotidien est envahi de toutes ces contraintes qui se répètent encore et toujours. Ces temps que l’on consacre à soi même et aux autres nous paraissent de plus en plus essentiels.
Aller au hammam, prendre ce temps là pour soi et avec les autres, pour prendre soin de soi et des autres, pour se rappeler qu’on a de la valeur et que chacun en a. Une petite exception dans le quotidien, un petit changement, un peu d’énergie retrouvée, et le regard qui change sur soi même, change sur ce qui nous entoure, change sur ce que nous ressentons comme possible. Nous retrouvons le sens, l’envie et l’énergie de construire avec d’autres.
Les ateliers beauté, coiffure, maquillage, épilation, coloration, sont entièrement pris en charge par les adhérentes. Chacune participe aux frais, apporte le matériel nécessaire, consciente de la fragilité financière de notre association et volontaire pour apporter sa contribution de façon à la rendre pérenne.
Latifa, masseuse, reflexologue et aromathérapeute, propose des séances de massage une fois par mois.

Ateliers cuisine sur le terrain :
En plus des ateliers cuisine que nous réalisons régulièrement avec les enfants sur le terrain, nous avons organisé 3 après midi « galettes » cuites au feu de bois, sur le terrain. A partir d’un foyer réalisé par les enfants. Les mères ont entièrement pris en charge la cuisine, l’achat des denrées, les ustensiles de cuisine.

Accès aux droits :
Nous insistons sur l’accès aux droits. Nous avons pu construire un partenariat avec Akima Zellag, qui est médiatrice santé sur le quartier et une AS de la sécurité sociale sur les problèmes de santé au travail. Les femmes qui travaillent sont, pour la plupart, femmes de ménages. Leur corps est véritablement malmené par des conditions de travail indigne, beaucoup développent des troubles musculo-squelettiques invalidants. D’autres rendez vous sont prévus, notamment un bilan de santé.

Avec les adolescents :
Les ados deviennent beaucoup plus partie prenante dans nos actions.
Plusieurs ont participé à l’organisation des tournois.
Nous avons pu organiser une grande fête d’halloween au parc Courriot avec plusieurs jeunes, qui ont fait preuve d’une grande créativité. Certains viennent nous prêter main forte pour l’aide aux devoirs.
8 se sont organisés pour être admissibles au Fond de Participation des Habitants, en rédigeant un dossier et en participant à une commission. Ils ont pu récolter une somme d’argent qui a contribué largement au coût d’un séjour à la Ferme des fromentaux à Retournac, pendant les vacances de printemps.
Plusieurs ont participé à un atelier RAP, durant plusieurs mois, trois d’entre eux réalisé un enregistrement.

Ateliers théâtre :
L’atelier Théâtre s’est poursuivi cette année sur des temps d’immersion d’une semaine sur chacune des trois périodes de vacances scolaires, animé par une comédienne, accompagnée par un membre de l’équipe. Le dernier jour, une représentation a été proposée aux familles concernées. Nous avons pu apprécier l’évolution de la qualité artistique et de la créativité de chacun. Nous sommes chaque fois accueillis très chaleureusement à l’Amicale de Tardy qui met à disposition ses locaux durant tous ces jours de travail théâtrale.

Lien avec « les cris du quartier »
Nous participons au bal populaire du 14 Juillet que ce collectif propose depuis quelques années. Nous avons été sensibles à cette invitation qui rassemble plusieurs associations qui interviennent dans différents quartiers. Toutes développent des démarches d’éducation populaire et réalisent des actions culturelles, sportives, citoyennes qui s’adressent à tous. Tout un réseau se développe pour mutualiser et enrichir les initiatives de chacun. Une journée de fête ouverte à tous, où chacun apporte sa contribution.

Ateliers paperolles:
Chloé qui est restée 9 mois parmi nous et qui avait de grands talents artistiques,nous a initié à l’art de rouler le papier. Nous nous efforçons de multiplier les activités artistiques et créatives. De nombreux enfants ont su manifester de véritables talents en réalisant des tableaux en relief d’une grande diversité.
Nous avons pu animer 3 ateliers place Jean Jaurès dans le cadre de la fête du livre, avec 4 enfants qui prenaient en charge l’atelier auprès d’enfants volontaires.
Action1001Territoires L’action « 1001 territoires pour la réussite de tous les enfants à l’école », s’est développée dans différentes régions, avec la volonté de jouer un rôle dans la réduction des inégalités à l’école. Divers études ont mis en évidence le rôle essentiel des parents dans la lutte contre l’échec scolaire. Un des enjeux majeurs est d’aider l’enfant à vivre la différence entre sa culture familiale et la culture scolaire, sur le mode de la complémentarité. Si l’enfant est tiraillé entre deux référents forts, ses parents et son enseignant, il est difficile pour lui de s’investir sereinement dans les apprentissages. Il y a également des problèmes qui dépassent les murs de l’école ( les questions de précarité, des condition de logement qui ont des incidences sur le bien être des enfants, leur disponibilité) les enseignants ne peuvent pas faire la classe sans se soucier de la réalité de ce que vivent les enfants.
1001 Territoires, sur le quartier Beaubrun/Tarentaize, existe depuis Avril 2016, avec le Babet, le DRE, la responsable du REP. Plusieurs mères de familles se sont mobilisées. Elles ont su nommer des difficultés de compréhension et de communication avec les enseignants, elles ont fait différentes propositions et elles ont manifesté une grande volonté à collaborer avec l’école.
Pour aller plus loin dans ce travail d’ouverture de l’école sur la réalité du quartier, pour rendre les parents plus acteurs de la scolarité de leurs enfants, Terrain d’Entente a invité Catherine Hurtig Delattre en Octobre 2017. Elle a réalisé un remarquable travail pour construire différentes occasions de rencontres et d’échanges avec les parents. Elle est l’auteur du livre « la co éducation à l’école c’est possible » A l’école, l’enjeu est le rapport au savoir. L’enfant n’apprend pas qu’à l’école. Il est important d’éviter de construire une barrière entre le savoir formel de l’école et le savoir informel de la famille. L’enfant ne réussira à l’école que s’il sait faire des liens entre ce qu’il apprend dans les différentes sphères de sa vie. En différentiant les espaces, les temps, les lieux de rencontre et de concertation avec les familles, l’opportunité est donnée d’améliorer l’accès de l’un à l’autre. La prise en compte des attentes et des difficultés des parents est un facteur important de leur implication.
Le droit aux vacances :
Le collectif « vacances pour tous » vient de se constituer, à l’initiative de Terrain d’Entente, avec: Inter Cosmos, Les moyens du Bord, La Ferme des Fromentaux,des membres de l’accueil paysan, de JPA, des sympathisants.
De plus en plus de familles ne partent pas en vacances. Il est temps que nous reconsidérions le droit aux vacances comme un enjeu social.
Les vacances sont une nécessité tant individuelle que collective. Partir permet de sortir de son milieu d’origine et favorise le vivre-ensemble. Les vacances améliorent la qualité de vie familiale, les relations parents-enfants ainsi que la santé ! Elles ont un impact positif sur le développement social et permettent de développer de nouveaux apprentissages. (extrait de la campagne « en vacances » de la JPA)
Nous avons sollicité le master alter ville, pour une étude universitaire sur la possibilité d’envisager des vacances qui s’émancipent de ces normes pesantes imposées. Un travail de recherche est envisageable dès l’année scolaire 2018/2019.
Nous avons maintenu l’été dernier: les sorties au bord de l’eau les mercredis, plusieurs rencontres au jardin de Bel Air, avec un mode d’organisation de plus en plus collectif. Les mères ont préparé un repas cuit au feu de bois, d’autres, avec des membres des Moyens du Bord et les enfants, ont pu profiter du magnifique parc des 6 Soleils. Une semaine de vacances en famille, à la Ferme des fromentaux à Retournac.

Pour l’été à venir, nous allons maintenir toutes ces sorties et organiser aussi les vacances avec les Moyens du Bord et Inter cosmos qui met un grand domaine à disposition des associations adhérentes. Un autre lieu se profil à côté de Chambles au lieu dit « le foin ». Nous espérons trouver un financement pour accompagner d’autres ados à la Ferme des Fromentaux au mois d’Aout.

Projet de fête des voisins en mai ou juin 2018 :
Plusieurs adhérentes se mobilisent pour faire une demande de Fond de Participation des Habitants pour organiser une belle fête des voisins, multi age et intergénérationnelle, afin de faire la connaissance de toutes ces nouvelles familles qui se sont installées sur le quartier tout au long de cette année.

Projet de livre :
Nous réalisons un livre pour parler des relations qui se développent au sein de notre collectif, et de ce que nous construisons pour apporter du changement dans notre quotidien, pour améliorer nos existences. « Un collectif émancipateur, source de transformations sociales ». Beaucoup d’adultes ont déjà témoigné de leur parcours de vie et de leur rencontre avec notre collectif. Nous cherchons à comprendre en quoi ces liens produisent pour eux des changements, en quoi chacun apporte sa contribution pour enrichir ce que nous développons. Nous sommes aidés dans ce travail par Jean Marie Bataille qui est responsable d’une maison d’édition à Paris.

Un local
Et enfin, il nous faut acquérir un local qui va nous permettre de développer toutes nos activités, en direction des adultes, des enfants, des adolescents. Nous pourrons également nous ouvrir plus à ce qui se passe dans la ville et y apporter notre contribution.
Suite à notre encourageante expérience d’ouverture d’un salon de thé éphémère durant la biennale du design en Avril 2017, quelques adhérentes souhaitent ouvrir un salon de thé, elles pourront ainsi tenter l’expérience sans risque financier. Nous souhaitons également proposer des plats à emporter, organiser régulièrement des rencontres festives, artistiques, des débats.

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AG 20 mai 2017, rapport d’activité

AG de TERRAIN D’ENTENTE     Samedi 20 Mai 2017

L’association Terrain d’Entente est présente sur le quartier Beaubrun/Tarentaize depuis Avril 2011. Nous sommes engagés dans une démarche d’éducation populaire qui se réfère à la pédagogie sociale. Le terme de pédagogie sociale évoque toute une histoire socio éducative. C’est une pédagogie engagée, une pédagogie de l’action.

Ce terme est inspiré des pédagogies, de Yanus Korczak avec la république des enfants, de Célestin Freinet et les classes coopératives, Paolo Freire et la pédagogie des opprimés.

Chacun a su s’indigner face à une réalité sociale inacceptable, et s’est efforcé de construire des collectifs qui soient émancipateurs, source de transformations sociales, pour améliorer les conditions de vie des populations les plus à la marge des sociétés et leur assurer une vie digne, une conscience, une reconnaissance, une place.

Cette approche porte sur la critique de la réalité sociale, la nécessaire transformation de la société.

Nous sommes au fondement du travail social. C’est un problème de société qui nous concerne tous, le fait que des familles soient exclues, marginalisées, oubliées des structures qui sont censées accueillir tout le monde.

Il nous faut donc exercer de façon effective notre responsabilité collective dans l’éducation et la protection des enfants. Il nous faut rejoindre les personnes exclues là où elles vivent.

Il s’agit d’offrir un temps de présence de façon régulière, même jour, même lieu même heure et de s’engager auprès des personnes que nous rencontrons dans la durée.

Il nous faut chercher à transformer avec les personnes concernées ce qui est inacceptable: l’exclusion de tous les secteurs sociaux, économiques, politiques et culturels des  familles les plus pauvres, et toutes ses conséquences qui peuvent être dévastatrices.

Nous sommes présents sur le parc Jean Ferrat, nous proposons des ateliers de rue,  et nous prenons surtout le temps d’observer ce qui se passe autour de nous.

Nous avons  conscience quel nous ne sommes pas chez nous, que nous sommes  ignorants de beaucoup de choses. Notre travail est de comprendre et d’apprendre la réalité de ce que vivent les familles en construisant une relation au rythme de chacun, en donnant du temps au temps.

Cette posture permet la rencontre. Peu à peu, au fil des semaines, la parole se libère. A partir des besoins, des envies manifestés, des projets d’actions se mettent en place.

Ces actions collectives permettent  parfois de régler des problèmes concrets. Elles sont l’occasion de développer pleins de savoirs et surtout mettent en évidence des savoirs qui ne sont  pris en compte nulle part. Ensemble on sort de l’impuissance. Ensemble, nous avons fait un pas de plus dans la construction de rapports plus égalitaires et plus justes.

A partir de ces échanges, de ces actions, on comprend mieux la réalité. Ils permettent une remise en cause de nos a priori, de nos préjugés,  on construit ensemble des savoirs nouveaux.  De là leur pouvoir émancipateur.

La tâche de la pédagogie sociale, n’est pas de transmettre des contenus culturels, mais de s’occuper de la manière de dépasser les problèmes émergents des personnes en vue de leur développement et de leur intégration.

Nous sommes essentiellement centrés sur des actions collectives qui rendent possible certaines choses et mettent en évidence que le collectif est une force et une richesse.  Nous construisons avec les familles des projets qui répondent à des besoins, des envies, qui règlent des problèmes concrets. Nous encourageons les enfants à partir des conseils qui ont lieu chaque semaine, de devenir partie prenante de nos temps de rencontre, en les accompagnants dans leurs projets pour qu’ils puissent aboutir.

Nous faisons ensemble société, nous sommes de plus en plus centrés sur nos intérêts et préoccupations communes.

Nous n’avons pas d’intention particulière concernant la façon dont ce collectif devrait évoluer, par contre nous accordons beaucoup d’attention à chacun pour comprendre au mieux les besoins, les envies et pour y trouver ensemble les réponses les plus adaptées.

Nous offrons juste un temps de présence. Même jour même lieu même heure, on peut compter sur nous, tout au long de l’année. Ce temps de présence est proposé de manière libre, inconditionnelle et gratuite.

Un accueil libre, où l’on vient quand on veut, et l’on part quand on veut. C’est le respect du temps des personnes qui nous rejoignent quand c’est utile et possible pour elles.

Un accueil inconditionnel, pour tout le monde. Notre collectif organise ses rencontres à partir  du multi âge et du multiculturel. A l’image de notre belle France.

Un accueil gratuit, ce qui nous met dans un lien d’égalité. Chacun peut participer à nos rencontres en fonction de ses centres d’intérêts et pas selon ses possibilités financières. Ce qui contribue pour bonne part, à la possibilité pour chacun de s’engager et d’être partie prenante dans tous les projets menés.

 

Cette posture permet de percevoir peu à peu la façon dont les familles vivent les évènements qui traversent leur vie et de s’indigner ensemble face à ces situations d’abandon, de relégation, et d’en faire notre affaire.

Nous sommes au coeur de ce que la société produit de violent.

La violence se traduit essentiellement par la pauvreté qui s’aggrave et qui s’amplifie, par la précarité, qui est pire que la pauvreté. La précarité c’est la peur du lendemain qui peut être pire, c’est l’absence de perspective d’un avenir meilleur, c’est le renoncement à des envies, des projets qui ont du sens, à des rêves, c’est le replis sur soi: « aujourd’hui, il faut faire confiance à personne et se méfier de tout le monde…. »

La violence c’est le désengagement des institutions qui empêchent que les démarches parfois incontournables à la survie de ces familles, puissent aboutir. A la CAF, à St Etienne, on a supprimé les sièges dans la salle d’attente, les rendez vous ne peuvent plus être pris dans l’urgence. Dans d’autres administrations, les RDV avec les AS ne sont pas possible avant 1 mois, voire 2.  Et les problèmes administratifs et financiers qui continuent de s’aggraver.

La violence c’est Les petits boulots indignes, en dehors de toute légalité. Pour ne citer que la réalité des conditions de travail des femmes de ménage qui acceptent des conditions insupportables Ces femmes s’accrochent à ce travail. Le perdre serait de tomber encore plus bas, ce serait prendre le risque de perdre des droits.

Et nous pouvons aussi nous  émerveiller  de toutes ces ressources qui se manifestent, de toutes ces solidarités qui se développent de manière totalement invisible. De cette capacité à surmonter la fatigue, le découragement pour organiser une soupe pour 150 personnes, se mobiliser avec d’autres pour réaliser des projets.

De savoir renoncer au programme de sa journée pour accompagner une mère encore plus en difficulté pour essayer de régler un problème.

 

Une forte relation de confiance se construit au fil du temps. Nous le devons à cette connaissance et cette reconnaissance. C’est également notre présence  dans la durée, notre présence intense sur le quartier: du Mardi au samedi, tout au long de l’année, nous sommes là aussi les jours fériés, quand tout est fermé. Nous téléphonons très régulièrement: pour annoncer des sorties, pour prendre des nouvelles, pour évoquer des attentes plus particulières que les unes et les autres ont pu manifester.

Cette relation de confiance c’est peut être également construit sur la base de notre situation de précarité.  Nous existons depuis 6 ans, et nous n’avons toujours pas de local.  Nous dépensons une grande énergie, chaque année, pour obtenir  des financements insuffisants qui ne sont pas pérennes.  Nous subissons nous aussi cette absence de reconnaissance, cette incertitude du lendemain, cette instabilité de notre équipe qui change très souvent.

 

Ce statut très fragile, nous place dans un rapport d’égalité où l’implication de chacun est précieuse pour agir, penser, comprendre la réalité et que les projets puissent aboutir.

 

Depuis 3 ans, nous avons développé un partenariat avec le centre social du Babet et la médiathèque du quartier, et avec d’autres associations de quartier, de façon plus ponctuel. Des actions qui concernent nos différentes structures se sont développées.

Terrain d’Entente s’adresse à des familles très marginalisées, très précaires, qui ne trouvent pas toujours la force de s’adresser par elles mêmes aux structures du quartier, où qui ne trouvent tout simplement pas le temps. Terrain d’Entente s’efforce de décrire ce qu’il comprend du quotidien pour ces familles.

 

 Qu’avons nous construit tout au long de cette année?

Les ateliers de rue, se poursuivent le mercredi, le samedi, le vendredi pendant les vacances scolaires, de même que la garde des bébés le mardi après midi, le café des femmes le vendredi après midi, notre présence à la médiathèque les mardi, jeudi, vendredi de 16h30 à 18h30, les rencontres sur les pays d’origine (nous avons vécu une belle fête pour découvrir une partie de la Tunisie, pour fêter le printemps à la manière de la Kabylie) les sorties au bord de l’eau, les vacances à Retournac.

Avec nos amis « les moyens du bord », nous poursuivons nos rencontres, notamment pendant l’été. Il est prévu cette année de se retrouver régulièrement dans leur jardin pour vivre des temps de repas partagés en famille.

Les accompagnements individuels ont été plus centrés cette années sur les démarches dans le cadre de la scolarité des enfants (rendez vous avec les équipes enseignantes au collège, pour des conseils de disciplines, des changements d’orientation….)

 

Nous affirmons que nous sommes collectivement responsables de l’éducation et de la protection des enfants. Et nous nous efforçons de nous engager, avec  les acteurs volontaires de l’action éducative, pour construire, avec les parents, une communauté éducative, à l’échelle du quartier. Où chacun se sent engagé, responsable, impliqué, à égalité.

A l’exemple de l’action « 1001 Territoires pour la réussite de tous les enfants à l’école » Cette action part de la volonté de construire un  collectif, avec les parents et tous les partenaires concernés par l’éducation. Les parents, les structures de quartier, sont complémentaires de l’école.

La proposition au cours des différents échanges qui rassemblent les partenaires de l’éducation (parents, associations, DRE, REP), a été de faire des constats sur la façon dont chacun vit l’école. Ce qui fonctionne bien, ce qui est difficile, ce qu’on voudrait voir changer, les propositions éventuelles.

Depuis Avril 2016, des rendez vous réguliers se déroulent au centre social du Babet en présence des parents, des enseignants, de Terrain d’Entente, du DRE et du REP. Depuis le début de ces rencontres, la parole a pu circuler de manière positive. Elle est due pour bonne partie à la qualité de présence des parents. Ils ne sont pas venus pour dénoncer, mettre en cause les capacités pédagogiques des enseignants. Ils ont su exprimer leur difficulté à bien comprendre le fonctionnement de l’école,  il ont mis en évidence les contraintes qui les empêchaient de participer aux rencontres proposées dans l’école (la garde de leurs enfants en bas âge, leur honte pour certains, face à leur manque de compréhension de la langue française, de la lecture et de l’écriture….) On peut repérer une évolution rapide de ces temps de rencontres, les échanges se vivent de manière horizontale, chaque adulte présent exprime sa façon de comprendre la situation, fait des suggestions, prend position.

Nous avons, à partir de ces échanges, mis en place des actions qui deviennent pérennes. Notamment la présence des parents dans chaque école, une matinée par semaine, prévue sur le temps de décharge des directrices de façon à créer des rencontres régulières, pour permettre des échanges entre le représentant de l’école, d’un partenaire responsable de l’éducation et des parents: « les espaces info parents ».

Nous avons pu mesurer la volonté de nombreuses mères de famille à se mobiliser pour prêter main forte à des adultes plus en difficulté pour s’adresser à la bonne personne, au service concerné pour réaliser les démarches nécessaires à la scolarité de leurs enfants. Cette capacité à renoncer au programme de la matinée pour certaines et d’accompagner une mère qui n’arrive pas à s’orienter vers le service administratif adapté.

Nous commençons à envisager des temps d’animation au sein des écoles pour répondre à des préoccupations de parents. Des temps de jeux, entre adultes, pendant le temps scolaire sont déjà engagés à l’école de Tarentaize. Ces rencontres tentent de répondre aux préoccupations des parents de pouvoir aider leurs enfants dans les apprentissages.

Tout le monde connait des jeux, beaucoup en pratiquent. L’objectif est que ces temps s’organisent le plus possible sous forme d’échange de savoir. Il est question d’imaginer des temps de réalisation de jeux pendant « les espaces info parents ».

Des rendez vous sont également proposés pour évoquer plus particulièrement la question du collège.

 

De nombreux enfants sont en difficulté à l’école, ils ont rarement des activités périscolaires (sport, centre de loisir….). Par contre, ils savent se saisir de toutes les opportunités qu’on leur propose. Ils s’investissent et ils s’engagent pour des projets qui font sens pour eux. Ils ont un grand besoin d’expression et de reconnaissance.

Nous nous centrons sur des modes d’expression artistique

Atelier Théâtre:

En Septembre 2016, nous avons pu embaucher une comédienne pendant 6 mois. Elle a proposé à un groupe d’enfants des rencontres « théâtre » dans le cadre d’un partenariat avec l’Amicale de Tardy. Pendant 4 mois les enfants se sont initiés au théâtre, ces différentes séances ont abouties à un spectacle en Janvier : « Seul le chien ».

Nous avons emmené enfants et parents à cinq spectacles de la Comédie de Saint-Etienne, dont un à l’opéra (Carnaval jazz des animaux). Chaque fois ce sont 10 enfants et 5 adultes qui ont pu penser, rire, s’émouvoir, devant des pièces de théâtre de qualité.

 

Atelier écriture:

Dans le cadre d’un partenariat avec la médiathèque qui a pu financer l’intervention d’une professionnelle. Un groupe d’enfants a été initié à différentes techniques d’écriture. Leur travail a abouti à l’expression de la réalisation de différents textes dans le cadre du « Babel des poèmes » pendant le printemps des poètes, en Avril 2017.

L’atelier peinture:

Il est devenu pérenne depuis plusieurs années. En présence de Chantal qui est arthérapeute et qui propose différents modes d’expression picturales aux enfants.

 

L’atelier paperolle: l’art de rouler le papier.

Une jeune étudiante en formation d’éducatrice a proposé cette technique qui permet de réaliser des tableaux en relief.

Depuis le mois de février, les enfants s’initient à cet art (datant de la renaissance).

L’avantage de cet art est qu’il est a la porté de tous, que ce soit au niveau du matériel requit (bandelettes de papiers,ciseaux, colle) ou du niveau artistique de chacun.

De belles créations ont pu être exposées au « mercredi du livre » pour servir d’exemple, place Jean Jaurès à Saint Etienne (Nous avions été contactés par la Mairie, pour animer un atelier,  suite à la qualité repérée des origamis réalisés par les enfants dans la vitrine de la librairie Croque’linottes.)

Trois jeunes filles ont tenues l’atelier et ont su à leur tour, transmettre aux passants leur savoir faire. Une occasion pour les jeunes de montrer leurs potentiels et leur envie de partager leur travail. Une occasion pour l’Association de sortir du quartier et faire connaitre nos actions et nos valeurs. Chaque personne quelque soit son âge et ses origines à quelque chose à apporter et transmettre aux autres. Cet atelier fut un bon exemple de cette possibilité de transmission.

 

Nous recherchons des modes de manifestation pour mettre en valeur toutes ces productions. On peut dire aujourd’hui: vous connaissez les enfants de Tarentaize? Ah oui, ceux qui ont réalisé l’exposition de peinture à l’amicale de Chapelon, ceux qui ont décoré la librairie croque’linotte avec des origamis, ceux qui ont animé des ateliers paperolles dans le cadre de la fête du livre, ceux qui sont sur le clip de RLM « hiver arabe », ceux qui ont réalisé une émission de radio….

 

Le tournoi de foot en soutien au peuple palestinien                                                                    Samedi 27 Aout, Terrain d’Entente a organisé un tournoi de foot à l’Estivallière, en soutien au peuple palestinien, en partenariat avec le collectif BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions)

Durant l’après midi, 200 personnes sont venues soutenir cette action, un grand nombre ont participé au tournoi dont une équipe de mères de Terrain d’Entente.

Nous nous sentons particulièrement affectés, touchés dans notre dignité, par ce que subit ce peuple depuis si longtemps. Il est victime de la barbarie raciste la plus brutale et la plus destructrice. Il faut que ça cesse. Nous soutenons donc l’action de boycott lancée depuis plus de 10 ans et qui rayonne au niveau international, parce que nous estimons que c’est un moyen de lutte à la portée de chacun et qui a fait les preuves de son efficacité. Nous croyons possible grâce à cette immense mobilisation citoyenne que le peuple palestinien retrouve sa liberté et sa dignité. Nous avons conçu ce tournoi comme une contribution à ce mouvement porté par BDS.

Participation au Clip RLM « hiver Arabe« .

Suite à cette journée à l’Etivallière, des liens d’amitié se sont tissés avec les membres de BDS. Nous avons été invités le Dimanche 5 Mars à manifester notre solidarité envers le peuple de Syrie, 30 personnes de Terrain d’Entente ont répondu à l’appel (des adultes et des enfants)

Atelier boxe avec « sport autrement »

Des amis de cette association ont proposé un après midi d’initiation à un groupe d’adolescents. Il est possible pour ceux qui aiment ce sport, de pouvoir aller s’entraîner gratuitement dans les locaux de ce club

 

Atelier massages, coiffure

Dans le cadre du café des femmes, nous développons des ateliers bien être, beauté. Ces adultes sont très meurtries par les difficultés du quotidien. Elles manifestent beaucoup de fatigue, de douleur. Elles n’ont que très peu d’occasion de prendre soin d’elles. Une masseuse nous rencontre une fois par mois pour nous proposer des séances d’échanges de  savoir à partir d’auto massage.

Nous poursuivons nos sorties au hammam, des ateliers coiffures.

 

Rencontre autour des conditions de travail des femmes de ménages:

La plus part des femmes qui travaillent sur la quartier sont femmes de ménages. Nous avons vécu plusieurs rencontres avec un syndicat pour mettre en évidence les difficultés et rechercher les meilleurs moyens de faire valoir les droits du travail.

Nous avons pu réaliser les difficultés concrètes: être prévenu à 6h du matin pour être opérationnel sur le chantier à 7h le jour même, ne pas être payé pendant le temps de déplacement qui peut aller jusqu’à une heure, ne pas avoir de pose de toute une matinée, la dureté du travail en lui même, les produits ménagés extrêmement polluants….

 

Ouverture d’un salon de thé éphémère: « Thé le bienvenu »                     

Nous avons ouvert un salon de thé éphémère dans le cadre de la Biennal du Design à St Etienne durant le mois de Mars 2017.

L’association « Ici Bientôt »  nous a proposé,  une mise à disposition d’un local pour nous donner l’occasion de vivre cette expérience de prise en charge collective d’un salon de thé, dans la rue de la Ville, qui  est à 10 minutes à pied du quartier de Tarentaize.

Nous avons répondu à cette invitation qui faisait sens pour nous. En effet, suite aux fêtes de fin d’année, nous avions pu faire le constat, avec les familles adhérentes, que nos capacités à nous organiser collectivement avaient énormément progressé cette année. Nous avions pu en effet accueillir 150 personnes pour partager un repas et différents temps de fête dans de très agréables conditions, grâce à la participation active des uns et des autres.

Il est à noter que le fait de proposer un repas pour 150 personnes ne revient pas à la même chose que de savoir assumer au quotidien la cuisine familiale. C’est une organisation qui relève de véritables compétences professionnelles. C’est un travail qui demande de nombreuses aptitudes, comme celles de savoir anticiper le temps nécessaire aux différentes préparations, de prévoir les bonnes proportions des différents aliments nécessaires à la réalisation des différents plats, la gestion du travail collectif, la répartition des tâches….

Les connaissances de ces familles dans tous ces domaines sont infinies.

A l’occasion de ce bilan de fin d’année, une adhérente nous avait annoncé  qu’elle avait  un agrément qui lui donnait la possibilité d’ouvrir un salon de thé.

Elle avait réalisé une formation quelques années auparavant, mais n’avait pas obtenu de prêt à la banque du fait de son trop faible budget et avait du renoncer à ce rêve. Elle s’était ensuite résolu à faire des ménages de manière à assurer au mieux, un moyen de subsistance à sa famille.

L’impact de cette initiative a été stupéfiant. En premier lieu pour notre collectif. Une semaine avant le démarrage de cet évènement, nous nous sommes retrouvées 20 femmes du quartier pour envisager un mode d’organisation. Tout a été élaboré à partir de ces rencontres. Nous avons identifié les besoins matériels et reparti les tâches, plusieurs ont prêté, voire même donné ce qui pouvait nous manquer, nous avons réalisé un règlement intérieur, un calendrier de présence pour la tenu du salon de thé, pour la réalisation des gâteaux…..

Globalement, nous avons su nous organiser collectivement et notre présence à cet évènement a été appréciée et remarquée.

Nous avons fait la démonstration de notre capacité à nous mobiliser pour que tout soit beau, bon et chaleureux, pour que les tarifs proposés soient accessibles à toutes les bourses. Certains même ont été accueillis alors qu’ils ne consommaient rien.

Et il s’agit bien des familles dans leur globalité. Notre salon a été entièrement décoré par les oeuvres des enfants, réalisées tout au long de l’année. Certains ados sont venus spontanément pour nous proposer de distribuer l’information sur les heures d’ouverture de notre  salon « thé le bienvenu ». Ils ont souhaité parler de cette initiative, au cours d’une émission de radio.

On peut dire aujourd’hui, vous connaissez les familles de Tarentaize?

Ah oui, ces parents qui s’impliquent dans la démarche « 1001 Territoires, pour la réussite de tous les enfants à l’école », ces parents qui organisent des diaporamas pour les rencontres pays d’origine, ces parents qui organisent des soupes qu’ils offrent sur l’espace public pour manifester leur position face à certains évènements qui traversent la société, ces parents qui participent à l’animation d’une rue en ouvrant un salon de thé, dans le cadre de la Biennale….

 

Nous projetons une émission de radio qui s’inscrirait dans le temps et qui serait l’occasion pour certains enfants volontaires de pouvoir parler de leur réalité, de ce qui les préoccupent et les intéressent. De mettre en valeur leur capacité à dire et à se faire comprendre. De se projeter dans le temps, de travailler à la préparation d’une émission, de s’organiser avec d’autres, de s’ouvrir à d’autres réalités que celles du quartier. Notre première émission le 8 Mars, en présence de 3 adolescents a été très encourageante.

Pour terrain d’entente, une émission de radio, c’est la possibilité de mettre en évidence cette démarche alternative dans le travail social. De faire comprendre le sens de la pédagogie sociale qui est essentiellement un engagement auprès des populations les plus discriminées et la volonté de faire nôtres les problématiques  que traversent ces familles dont le quotidien reste extrêmement précaire. Nous nous engageons pour transformer ce que nous estimons inacceptable et que nous reconnaissons comme nos affaires, nos préoccupations. Dans cette société qui divise et qui oppose, nous nous organisons pour faire tous ensemble société,  à partir de nos préoccupations et de nos centres d’intérêts communs.

 

Nous envisageons d’ouvrir un salon de thé de façon pérenne, encouragé dans nos recherches par l’association Ici Bientôt. Nous avons réalisé cette année nos capacités à nous engager ensemble dans des actions et ce de façon très professionnelle Ce lieu nous permettrait également de mener à bien des ateliers bien être, beauté pour ces adultes qui ont si peu d’occasion de prendre soins d’eux.

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AG TERRAIN D’ENTENTE 4 Juin 2016

AG TERRAIN D’ENTENTE 4 Juin 2016

Depuis 5 ans, nous sommes présents sur le terrain de jeux, le Mercredi et le Samedi après midi, le vendredi des vacances scolaires, un dimanche par mois. Ce temps de présence augmente en fonction de la demande des enfants.

8 bénévoles sont régulièrement présents, des jeunes volontaires du service civique, des élèves éducateurs en formation, des mères sont également très présentes avec les enfants quand c’est possible pour elles.

En règle générale, les adultes qui nous rejoignent sont beaucoup plus participants à nos temps de rencontre. C’est ce que nous souhaitons développer le plus possible, être ensemble à construire les choses, créer une communauté éducative.

Des personnes qui partent, d’autres qui restent, un collectif qui s’enrichit de toute cette diversité.

Ce sont des temps très importants qui se sont construits au fil des mois, tant avec les enfants qu’avec les adultes. Les enfants réclament cette présence régulière d’adultes, qui permet d’assurer le bien être et la sécurité de tous.

Les enfants partent et viennent librement, les différents jeux sont à leur disposition. On joue ensemble, on découvre de nouveaux jeux, des ateliers créatifs une fois par mois, on s’entraine à différentes acrobaties (diabolo slake line, pit chake….). Depuis ces 5 années, on repère une plus grande capacité des enfants à gérer seuls les problèmes, notamment sur le terrain de foot. Les tensions vont et viennent avec certains enfants, nous sentons des changements qui sont encourageants, nous nous efforçons de développer des relations individualisées avec ceux qui en ont le plus besoin. Et surtout nous constatons la plus grande capacité du groupe, enfants et adultes, à réguler ces moments difficiles.

Il nous semble que nous avons fait ensemble, au fil des mois, l’expérience du plaisir que procure un jeu collectif qui est abouti. Les enfants apprennent ainsi à dépasser leurs contrariétés et à privilégier le temps du jeu collectif. On comprend ainsi ensemble que l’intérêt de chacun est conditionné à l’intérêt commun.

Nous sommes très centrés sur la prise d’initiative. Le conseil, proposé chaque semaine aux enfants, permet d’envisager ensemble des projets: animation d’un jeu collectif, organisation d’un spectacle pour animer les anniversaires une fois par mois. Nous avons fait, grâce à l’initiative des enfants, des chasses au trésor, des olympiades, des tournois de foot, des piques niques….

Notre démarche c’est d’affirmer notre responsabilité collective de l’éducation des enfants. L’éducation des enfants concerne tout un quartier. Les parents ne peuvent pas consacrer toute leur énergie à s’occuper des enfants, ils ont plein de choses à tenir pour assurer le quotidien, beaucoup sont dans des logiques de survie, et arpentent la ville à la recherche des produits les moins chers. Ils sont épuisés souvent.

Notre présence auprès des enfants, deux après midis par semaine représente un petit relais auprès de certains parents.

Nous connaissons aujourd’hui un bon nombre de familles du quartier, plus de 200 personnes. Certaines ont pu faire connaissance avec d’autres en venant nous rejoindre sur les tapis. Nous partageons ensemble les préoccupations, nous tissons des liens d’entraide, nous sommes présents parfois pour assurer des démarches administratives.

Nous-nous organisons ensemble pour réaliser des projets, à l’occasion du café des femmes qui est ouvert le Vendredi après midi. Nous recherchons toutes les occasions pour vivre ensemble des temps enrichissants, des temps de partage et de fête. Notre façon de construire ainsi un climat de confiance, où chacun trouve sa place.

Nous partons ensemble des besoins, des envies. Des projets deviennent possibles avec la participation de tous, notre petite équipe, les enfants, les adultes.

Et ça fonctionne de plus en plus. A force de tâtonnement, on trouve peu à peu la meilleure façon de nous organiser collectivement. C’est toujours à construire et à améliorer. Nous faisons des bilans des différentes rencontres organisées.

Ce que nous avons construit depuis tous ces mois :

Nous avons donc ces rendez vous réguliers du mercredi et du samedi, qui s’enrichissent au fil du temps.

Nous avons partagé notre premier pique nique du printemps, dans le parc Courriot, à la demande des enfants dont certains ont participé à son organisation. Nous faisons la cuisine sur le terrain une fois par mois. Notre Carriole nous permet de réaliser le gouter du jour, à partir des idées des enfants. Nous recherchons un four à gaz qui va nous permettre de nous diversifier

Le conseil des enfants

C’est l’occasion proposée, une fois par semaine, à tous les enfants qui le souhaitent, de prendre la parole. Chacun peut dire ce qu’il aime, ce qu’il n’aime pas dans nos temps de rencontre du Mercredi et du Samedi, chacun peut faire des propositions. Nous essayons ensemble de trouver des solutions pour résoudre des situations non satisfaisantes, ou des situations conflictuelles. Nous partons des envies manifestées et nous essayons de construire les choses avec les enfants volontaires, pour développer le plus possible leur capacité à prendre des initiatives, leur autonomie.


C’est un apprentissage de la vie démocratique où la parole des enfants est prise en compte et permet concrètement que nos rencontres s’adaptent aux besoins et envies manifestés, où les règles de la parole sont tenues par les enfants eux-mêmes, certains proposent de prendre des notes. Les demandes des enfants sont ensuite prises en compte par l’équipe, par exemple venir sur le terrain le Dimanche après-midi

Le café des femmes, le vendredi après midi. Dans une salle mise à disposition par le Babet. Ce temps est ouvert à toutes les femmes du quartier. Ces temps de rencontre sont différents chaque semaine. On aborde des questions philosophiques sur nos valeurs, nos conceptions, sur la façon de vivre ailleurs, dans d’autres régions du monde, nos vie de famille, l’éducation, des échanges d’informations pour assurer les démarches administratives, les bonnes adresses. On évoque des questions de l’actualité, on partage nos inquiétudes, on cherche à mieux comprendre (le massacre à Paris en Novembre, la loi travail….) On aborde les questions sur la façon dont on s’organise ensemble pour réaliser nos projets. Cette année nous avons réalisé 3 « salons de coiffure », grâce au savoir faire de Saïda et plusieurs adultes expertes. Nous sommes de plus en plus nombreuses, entre 15 et 25 adultes.

Salon de coiffure. Plusieurs adultes ont un diplôme en coiffure mais ne peuvent pas exercer en France. Cette année, nous avons organisé 3 ateliers coiffure, avec couleur, coupe, brushing, maquillage, thé, gâteaux, garde d’enfants. Un salon de coiffure de luxe !!!!

Nous nous entraidons : nous faisons ensemble des démarches qui seul, deviennent difficiles : le trésor public, le service social, la recherche de logement, la recherche de travail, la recherche de mobilier, les coups de téléphone dans les administrations…..

Garde mutuelle de bébés : plusieurs femmes ont fait part de leur difficulté à faire garder leur bébé quelques heures pour faire des démarches, etc. Nous constatons un manque de places disponibles en halte-garderie. Le Babet mettant à notre disposition des salles adaptées, nous avons assuré l’accueil des enfants le vendredi après midi. Puis le mardi après midi, qui devient peu à peu un café des femmes bis !!!

Médiathèque : Les relations s’améliorent, du fait de notre présence régulière où nous découvrons avec les enfants, les ressources de cet espace.

Nous nous regroupons à la médiathèque en cas de pluie et pour faire des activités. Nous essayons de profiter des projections de films proposés par la cinémathèque, des ateliers conte.

Nous organisons des temps de présence à la médiathèque le mardi, Jeudi, et vendredi de16h30 à 18h30, c’est l’occasion de lire avec les enfants ou de les aider pour les devoirs.

1001 territoires, pour la réussite de tous les enfants : invitation des parents à des rencontres pour évoquer la relation de l’école avec les familles. Cette action existe de puis 4 ans, sur différents territoires, deux colères : l’échec programmé des enfants issus des milieux populaires, la manière dont les enseignants traitent les parents. Deux convictions : les enfants de deux ans ont tous les mêmes capacités à réussir, la clé de la réussite est l’existence d’une communauté éducative où chacun reconnait l’autre comme co éducateur des enfants.

Chantal est art thérapeute, elle propose un atelier d’expression artistique, centré sur la couleur, les formes, la créativité. Elle propose des matériaux qui permettent des résultats très esthétiques, elle nous fait découvrir de beaux albums de peinture ou de photos qui sont source d’inspiration. Karim et Marine ont proposés des ateliers centrés sur réalisation d’objets à partir de la récupération.

Ces temps créatifs sont proposés à raison d’un Samedi par mois, à un petit groupe d’enfants et d’adultes intéressés. Le Babet met une salle à disposition.

Exposition au salon «  l’heure des thés » : nous allons exposer le travail des enfants, le mettre en valeur lors de cette exposition en Octobre, un vernissage aura lieu.

Rencontres sur les pays d’origine, tous les deux mois.

C’est pour nous tous un grand enrichissement de pouvoir partager une autre façon de vivre, découvrir d’autres réalités, pour mieux se connaitre, mieux se comprendre.

Nous avons découvert cette année, une région du Maroc, Oran, Alger la Blanche Tébessa. Nous avons partagé un couscous préparé par plusieurs mères à leur domicile. Toujours à partir d’un diaporama commenté par les mères qui l’ont préparé. Les enfants nous rejoignent pour partager les gâteaux apportés par les mères.

Nous avons un classeur à disposition de tous, avec de belles photos, un petit commentaire écrit sur chaque rencontre. C’est un bon médiateur pour parler de ce qu’il est possible de construire ensemble.

Les Moyens du Bord, des amis qui s’intéressent à notre démarche et qui nous soutiennent depuis le début. Nous avons été invités deux fois cet été dans leur jardin à Bel Air pour des échanges autour du conte. Nous avons démarré un projet jardinage tout au long de l’année avec des enfants et des adultes volontaires. Cet été, nous allons partager ensemble des repas réalisés à partir des différentes récoltes.

Nous avons réalisé ensemble des décorations de Noël, nous avons été invités à fêter Noël avec la lecture d’un conte que les enfants avaient écrit l’an passé.

Gratiféria : nous proposons des espaces de gratuité où chacun apporte ce qui ne lui est plus utile et peut repartir avec différents objets qui l’intéresse. A cette occasion, nous avons organisé une fête du printemps.

Fête de l’été : nous avons organisé une fête de la musique ou de jeunes amis artistes se sont produits, en proposant des textes engagés auxquels les familles ont été très sensibles. Nous avons inauguré les bacs de jardinage que la Mairie a mis à notre disposition.

Les sorties nature avec le Centre Social du Babet, des sorties au bord de l‘eau durant l’été, que nous allons reconduire cette année. Des étaient programmées en Juillet et Aout, chaque mercredi, trois ont été annulées à cause de la pluie. il y avait des adhérents des deux associations, cela a permis de sortir du quartier, de rencontrer d’autres familles, de se dépayser à 45 minutes de la maison et d’être dans la nature.

Une semaine à Retournac, à la ferme des fromentaux: les familles désiraient découvrir la campagne, un lieu agréable pour passer un petit séjour. Ce séjour s’est déroulé entre femmes et enfants, une semaine de vacances !!! (20 personnes).

Atelier bien être : en direction des jeunes filles pour partager des temps où on prend soin de soi, soin des autres. En partenariat avec le Babet.

Les tournois de foot : Réalisation d’un tournoi de foot avec des règles écrites par les enfants pour les enfants, distribution de coupes à la fin. Les enfants ont été très impliqués.

Une rencontre de foot a été organisée en partenariat avec le Babet et l’ACARS

Intervention des sports : intervention les vendredis pendant les vacances scolaires au gymnase Beaubrun, encadrées par des éducateurs sportifs de la ville. Les enfants sont initiés au basket, la balle géante, le badmington.

Les places de foot : La mairie nous a offert 15 places pour aller voir le match ASSE- Lille car les enfants ont émis le souhait de faire une activité «  entre garçons » au conseil des enfants.

Spectacle à la comédie de St Etienne : c’est la deuxième année que nous allons au spectacle avec des mères et des enfants. Nous avons partagé 3 sorties avec chaque fois un groupe de 15 personnes (La jeune fille et le moulin, Hikikomori et Blanche neige) et une avec 4 personnes (le retour au désert).

Accompagnement pour l’aide à l’emploi : nous sommes préoccupés par la situation de certains jeunes qui « galèrent » nous sommes actuellement en recherche pour accompagner ceux qui en font la demande, mais c’est très difficile. Nous conseillons surtout les permanences du Babet du Lundi et du Jeudi

Participation au diagnostic du quartier : Les principaux acteurs sociaux du quartier se sont réunis pour débattre des problèmes du quartier, à l’occasion du nouveau projet d’établissement du Babet qui estime que nous sommes devenus, sur le quartier, des partenaires incontournables

Participation aux réunions de la politique de la ville

Mise à jour de notre blog : Pour communiquer sur nos différents projets et partager des éléments de pédagogie sociale. Le lien : http://terraindentente42.blogspot.fr

Formation sur la pédagogie sociale : à partir du mémoire de Gaïa qui a réalisé son service civique avec Terrain d’Entente, salle Descours où 50 personnes ont participé à cette réflexion. Deux interventions dont une à l’IREIS, une à l’institut de formation de la PJJ.

Demande de local : Nous sommes éparpillés tout au long de la semaine dans plusieurs endroits, pour nos réunions d’équipe, pour le café des femmes ; pour le rangement de notre matériel, différents documents sont rangés chez différentes personnes de l’équipe. Notre travail est rendu très difficile dans ce contexte. Depuis Novembre 2014, nous avons fait différentes demandes à la Mairie, nous avons eu le soutien d’un député. Nous attendons toujours une réponse concrète.

Ce que nous souhaitons poursuivre et développer cette année : Pays d’origine: Faire intervenir des musiciens, pour embellir ces rencontres. Il est possible de proposer l’échange autour du diaporama aux enfants qui souhaitent participer.

Les sorties natures: Régulièrement se manifeste l’envie d’en faire plus tout au long de l’année. Les familles proposent une participation financière, pour assurer le cout du transport. Nous avons réalisé notre tontine. Chacun dépose quand il le peut, l’argent dont il dispose. Une petite cagnotte est à disposition au café des femmes. Les sorties au bord de l’eau sont à nouveau proposées au mois de Juillet et Aout, le Babet finance le car. Nous sommes allées à Marles, et à Retournac sur une journée pour découvrir l’activité de deux fermes

Les accompagnements (démarche administrative, coup de téléphone, sorties spectacles, coiffure, carnaval, à la médiathèque, les projets personnalisés : emploi, formation etc) 

La présence à la médiathèque, les sorties spectacle, sortie hammam…. Projet d’un atelier écriture pour préparer le printemps des poètes

Les tournois de foot, les interventions sport

Organiser un espace de gratuité de façon régulière (échange de vêtements, jeux, petit mobilier….)

Vacances à Retournac : Une semaine est prévue fin Juillet

Approfondir nos échanges concernant les questions de société, quand nous comprenons mieux les enjeux, nous pouvons agir de façon plus juste. Prendre également conscience que le collectif permet de sortir de l’impuissance

Développer notre capacité à agir ensemble avec l’acquisition d’un jardin potager

Développer l’action 1001 Territoires pour construire concrètement une communauté éducative à l’échelle du quartier.

Embauche d’une jeune comédienne en Septembre 2016 pour développer les capacités artistiques des enfants et leur offrir des espaces de découvertes culturelles et artistiques les plus larges possibles

Développer une pédagogie participative. Construire des projets à partir de la demande et de l’initiative des enfants pour qu’ils deviennent véritablement auteurs, partie prenante de notre collectif, et développent le plus de savoirs et savoirs faire possibles. Projet d’un tournoi de foot sur un vrai terrain avec les vraies règles. Emission de radio.

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AG du 24 Mai 2014

Depuis 3 ans, nous sommes présents sur le terrain de jeux, le Mercredi et le Samedi après midi.
Nous: Claire, Josiane, Georges, Camille, Matthieu, Jennifer, Sylvain, Pierlou, Lucie, Chantal et bien sûr les enfants et leurs parents
On apporte des tapis, des jeux, les enfants et les adultes sont là de plus en plus nombreux. Ce sont des temps très importants qui se sont construits au fil des mois, tant avec les enfants qu’avec les adultes. Les enfants réclament cette présence régulière d’adultes, qui permet d’assurer le bien être et la sécurité de tous.
Les enfants partent et viennent librement, les différents jeux sont à leur disposition. On joue ensemble, on découvre de nouveaux jeux, des ateliers créatifs deux fois par mois, on s’entraine à différentes acrobaties (diabolo slake line, bolas, brésilienne….). Ils nous parlent de ce qui les préoccupe, de leurs envies, nous demandent notre présence dans certains conflits. Depuis ces trois ans, on repère une plus grande capacité des enfants à gérer seuls les problèmes, notamment sur le terrain de foot. Il nous semble que nous avons fait ensemble, au fil des mois, l’expérience du bien être que procure un jeu collectif qui est abouti. Les enfants apprennent ainsi à dépasser leurs contrariétés et à privilégier le temps du jeu collectif. On comprend ainsi ensemble que l’intérêt de chacun est conditionné à l’intérêt commun.
Nous sommes très centrés sur la prise d’initiative. Les enfants réclament notre aide pour réaliser un projet: animation d’un jeu collectif, organisation d’un spectacle pour animer les anniversaires une fois par mois. Nous avons fait des chasses au trésor, nous avons assisté à des spectacles de danse, des acrobaties….
Beaucoup d’enfants participent avec sérieux à nos réunions une fois par mois où chacun peut dire ce qu’il aime, ce qu’il n’aime pas dans nos temps de rencontre du Mercredi et du Samedi, chacun peut faire des propositions. Nous essayons ensemble de trouver des solutions pour résoudre des situations difficiles, ou des situations conflictuelles, de façon à ce que chacun trouve sa place et se sente partie prenante dans ce collectif.
Notre démarche c’est d’affirmer notre responsabilité collective de l’éducation des enfants. L’éducation des enfants concerne tout un quartier. Les parents ne peuvent pas consacrer toute leur énergie à s’occuper des enfants, ils ont plein de choses à tenir pour assurer le quotidien : de nombreuses démarches, des préoccupations, ils sont épuisés parfois. Notre présence auprès des enfants, deux après midis par semaine représente un petit relais auprès des parents.
Nous connaissons aujourd’hui un bon nombre de familles du quartier. Certaines ont pu faire connaissance avec d’autres en venant nous rejoindre sur les tapis. Nous partageons ensemble les préoccupations, nous tissons des liens d’entraide, nous sommes présents parfois pour assurer des démarches administratives. Nous nous organisons ensemble pour réaliser des projets. Nous ne ratons aucune occasion pour vivre ensemble des temps enrichissants, des temps de partage et de fête. Notre façon de construire ensemble un climat de confiance, où chacun trouve sa place.
On part ensemble des besoins, des envies. Des projets deviennent possible avec la participation de tous, notre petite équipe, les enfants, les adultes. Et ça fonctionne de plus en plus. A force de tâtonnement, on trouve peu à peu la meilleure façon de nous retrouver collectivement. On a des progrès à faire pour le temps des anniversaires. C’est toujours à construire et à améliorer.
Les centres de loisir proposent de nombreuses activités, les enfants qui le peuvent, ont beaucoup de plaisir à y aller. Notre spécificité, c’est de faire à partir des idées des enfants et des adultes, et de compter sur tout le monde pour les réaliser. Avoir peu, permet de développer l’ingéniosité, la créativité. C’est possible si on appartient à un collectif. On devient riche de toutes ces expériences qu’on a construites ensemble.
Ce que nous avons construit depuis tous ces mois :
 
Malgré des conditions de plus en plus précaires qui se sont dégradées tout au long de l‘année, nous n’avons pas de local depuis Février 2013, nous avons pu développer des projets, grâce à l’enthousiasme des enfants et au soutien des familles.
Nous avons donc ces rendez vous réguliers du mercredi et du samedi, qui s’enrichissent au fil du temps.
Nous avons également partagé des temps de pique nique. Nous avons fait des galettes sur le terrain, nous avons fêté la chandeleur, avec les bonnes crêpes de Fadila. Nous souhaitons pouvoir faire plus souvent de la cuisine, cette année. Pierlou va nous aider à construire un four plus efficace, notre premier avait été réalisé à partir d’un bidon de peinture…..
-Avec le Centre Social du Babet :
Nous organisons des sorties au bord de l’eau au mois d’Aout, que nous allons reconduire cette année. Le babet nous a beaucoup aidés cette année en mettant à disposition une salle pour qu’on se rencontre entre femmes les vendredis après midis. Ce temps est ouvert à toutes les femmes du quartier. Ces temps de rencontre sont différents chaque semaine. Quand on est en petit comité, on aborde des questions plus philosophiques sur nos valeurs, nos conceptions. Beaucoup d’échanges sur la façon de vivre ailleurs, dans d’autres régions, sur le pourquoi de l’arrivée en France, des échanges d’informations pour assurer les démarches administratives, les bonnes adresses. On aborde les questions sur la façon dont on s’organise ensemble pour réaliser nos projets.
Nous nous entraidons : nous faisons ensemble des démarches qui seul, deviennent difficiles : le trésor public, une assistante sociale, la recherche de logement, la recherche de travail, la recherche de mobilier, aide à un déménagement.
-Nous profitons de la médiathèque où Claire accompagne des petits groupes. Les enfants découvrent des livres à partir de leur questionnement…. Notre présence permet de privilégier l’échange entre les enfants. Ce que savent les uns est partagé avec l’ensemble du groupe, chacun s’impliquant dans la réflexion. Nous avons cette année beaucoup plus profité des projections de films proposés par la cinémathèque.
 
-Chantal :
Elle est art thérapeute et propose un atelier d’expression artistique, centré sur la couleur, les formes, la créativité. Elle propose des matériaux qui permettent des résultats très esthétiques.
Ces temps créatifs sont proposés à raison de deux Samedis par mois, à un petit groupe d’enfants et d’adultes intéressés.
-Canticum Novum propose des ateliers aux enfants :
Cette association d’artistes, centrée sur les musiques du monde, a fait le choix d’accueillir à notre façon, de manière libre et gratuite. Les enfants qui sont intéressés participent à des ateliers chant, musique, création de jeux, à raison de deux fois par mois, et ce sur une période de trois ans.
Cette association souhaite que l’art, la culture s’inscrive peu à peu dans le quotidien et s’adresse à tout le monde. Elle est donc très intéressée par notre partenariat, sachant que sur le terrain, nous accueillons tout le monde.
-Rencontres sur les pays d’origine, tous les deux mois :
Ces rencontres se sont construites à partir des discussions avec les familles sur le terrain: certaines familles sont arrivées en France tout récemment.
C’est pour nous tous un grand enrichissement de pouvoir partager une autre façon de vivre, découvrir d’autres réalités, pour mieux se connaitre, mieux se comprendre.
Ces rencontres sont l’occasion d’accueillir et reconnaitre chacun avec son parcours spécifique.
Les familles apportent un plat traditionnel qu’on partage, des belles robes pour danser, une darbouka pour chanter. Nous avons découvert la Kabylie, la Turquie, St Etienne, la Géorgie avec un diaporama commenté par les mères qui l’ont préparé.
Nous avons un classeur à disposition de tous, avec de belles photos, un petit commentaire écrit sur chaque soirée. C’est un bon médiateur pour parler de ce qu’il est possible de construire ensemble.
Certains membres de l’association Canticum Novum sont présents à ces rencontres. Nous avons vécu dernièrement un temps de musique exceptionnel.
-Les Moyens du Bord :
Des amis qui s’intéressent à notre démarche et qui nous soutiennent depuis le début. Des échanges autour du conte sont prévus dans leur jardin pour cet été, Nous réfléchissons ensemble et, organisons des temps de partage d’expérience.
-Le conseil des enfants :
C’est l’occasion proposée deux fois par mois à tous les enfants qui le souhaitent de prendre la parole. Chacun peut dire ce qu’il aime, ce qu’il n’aime pas dans nos temps de rencontre du Mercredi et du Samedi, chacun peut faire des propositions. Nous essayons ensemble de trouver des solutions pour résoudre des situations non satisfaisantes, ou des situations conflictuelles, de façon à ce que chacun trouve sa place et se sente partie prenante dans ce collectif.
C’est un apprentissage de la vie démocratique où la parole des enfants est prise en compte et permet concrètement que nos rencontres s’adaptent aux besoins et envies manifestés, où les règles de la parole sont tenues par les enfants eux-mêmes.
Les demandes des enfants sont ensuite prises en compte par l’équipe des bénévoles et salariés, par exemple venir sur le terrain le Dimanche après-midi (1 fois par mois depuis février 2014)
Quartier Libre souhaitait nous mettre à disposition des bacs de jardinage, la municipalité a refusé de les déplacer. Mais ça nous a donné l’envie de faire un échange d’expérience autour du jardinage avec des amis paysans qui pratiquent l’agriculture biologique. Nous allons pouvoir partager, avec quelques familles une semaine à Retournac.
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