2017

Pour que les familles des milieux populaires puissent reprendre en main leur destin, repolitiser l’action sociale.

Pour que les familles des milieux populaires
puissent reprendre en main leur destin,
repolitiser l’action sociale.

Nous sommes envahis toujours plus par un discours centré sur les manques, les difficultés, la dangerosité des banlieues, des quartiers. On parle alors de problème de « culture », de manque « d’intégration ». La question sociale a été totalement éludée, l’échec scolaire, le chômage de masse, l’absence de perspective d’avenir, la pauvreté qui s’aggrave…. Le projet libéral a intérêt à créer une frontière qui s’appuie sur des critères autres que sociaux, comme la culture, l’ethnie, la religion.
Nous ne pouvons que déplorer aujourd’hui, le manque de présence militante, d’implication avec les habitants. Une présence qui a permis pendant plusieurs décennies, de remettre en question les rapports de domination, de discrimination, d’injustice. Une présence qui a favorisé, sur ces territoires particuliers, le sentiment d’une appartenance à une classe sociale bien définie, qui nous unissait dans ce que nous avions de commun et pouvait ainsi poser les questions sociales comme une affaire qui nous concernait tous. Avec la volonté de construire tous ensemble, des rapports plus égalitaires et plus justes, une reconnaissance et une place à chacun.
Arrêtons nous un instant sur cette question de la dépolitisation des rapports sociaux.
Depuis plusieurs années, il ne semble plus politiquement correct de parler de conflictualité des rapports sociaux. On refuse d’évoquer les rapports de domination, les rapports de force, les conflits. On préfère parler en terme de « négociation », de « dialogue social ». La volonté est de masquer les clivages sociaux. Les manifestations syndicales sont condamnées, criminalisées, étant estimées trop revendicatives et violentes. A la violence du système libéral qui produit des inégalités et des injustices démesurées, s’ajoute la violence de sa détermination à réprimer toute forme de contestation.
Mais aujourd’hui, dans les banlieues, des mouvements de contestation s’efforcent de dénoncer, de façon radicale, les questions de la violence policière et de la justice répressive, punitive, les discriminations, l’exclusion. Ils revendiquent des rapports d’égalité, plus de justice, une reconnaissance et une place.
Ces manifestations sont en totale contradiction avec cette volonté de lissage de nos relations sociales. Leur expression n’a aucune place dans les débats. Alors de temps à autres, des voitures brûlent, des affichages publicitaires sont détruits…Parfois même des quartiers entiers s’embrasent pendant plusieurs semaines.
L’association Terrain d’Entente reste très préoccupée par la situation des jeunes à Tarentaize. Certains d’entre eux suivent un parcours très chaotique avec des périodes de travail très précaire et de chômage, des passages à l’acte délinquants, des séjours en prison. Ceux là n’ont plus aucun contact avec les adultes du quartier, un sentiment d’impuissance se développe, les adultes responsables du champ éducatif et de la protection n’arrivent plus à s’interroger collectivement sur cette très préoccupante situation.
Comment dans ce contexte, les familles des milieux populaires peuvent devenir auteurs de leur existence en participant de façon concrète à son amélioration?
Elles doivent pouvoir s’engager, avec tous, dans les luttes pour l’amélioration des conditions de vie de tous, pour construire une vie digne de ce nom. Il faut donc s’intéresser tous
ensemble au problème du logement, de la santé, de la scolarité et de la formation, du budget insuffisant pour assurer tous les besoins du quotidien, de tous ces emplois indignes, des travailleurs pauvres, du démantèlement des services publics….
Comment déconstruire cette vision faussée de l’insécurité dans les quartiers?
Ces populations sont maintenues dans les positions les plus défavorisées, les plus dévalorisées. Et on sait tous que l’insécurité, c’est surtout la précarité qui augmente de façon globale et dramatique.
Cette notion d’insécurité sociale s’est manifestée tout au long du XIXème. Elle était liée à la condition du travail. Celui qui n’avait que ses bras comme force de travail, avec le risque de tout perdre à l’occasion d’un accident, avec la maladie, la vieillesse…. L’ubérisation de notre société, n’est-elle pas en train de nous ramener à ce XIXème siècle?
Pendant plus de 100 ans, la lutte contre l’insécurité s’est traduite par la construction d’institutions collectives de protection. La classe ouvrière, les milieux populaires sont à l’origine de toutes ces conquêtes. Ils ont livrés, tout au long de ce siècle, d’âpres batailles pour que vivent de manière concrète et effective, les valeurs de solidarité, d’égalité, de fraternité. Les valeurs fondamentales pour échapper à la barbarie et construire entre tous les citoyens, des rapports qui soient humains.
« Si on abandonne la reconnaissance des principes républicains, on perd le sentiment politique de l’humanité(…. )Quand on voit quelqu’un qui n’est pas respecté dans ses droits on doit souffrir soi même de voir souffrir le droit de la personne du semblable. Quand le prochain est atteint dans ses droits, on atteint le droit qui nous protège tous. C’est l’ensemble de la société qui n’est plus protégée. Les espaces de réciprocité constituent le sentiment fraternel. C’est l’apathie politique qui empêche qu’il y ait de la fraternité.
Refonder ces principes suppose de se redonner notre puissance de citoyen et considérer que tout ce qui se passe doit supposer le droit d’être débattu ». (Sophie Wannich)
Mais nous connaissons la suite de l’histoire, les années 80 marquent un tournant, avec la notion d’austérité, la mise en place de mesures qui ont détruit années après années, les protections collectives.
L’insécurité s’oriente alors sur la question de la délinquance dans les quartiers.
On a été incapable d’enrayer la concentration de la misère, l’économie de survie. Et cette concentration de situations misérables, on va là régler de manière policière, par plus de répression et de violence. Politiquement, c’est très fonctionnel, ça permet de montrer les moyens mis en oeuvre. C’est plus facile que de transformer les situations économiques.
On fait monter la répression et on ne se donne pas les moyens de prendre les mesures pour favoriser le futur, l’intégration.
Pourtant, malgré tout ça, dans les banlieues, il y a la tentative de se projeter dans un autre avenir, de ne pas accepter le présent tel qu’il est, ne plus supporter les conditions d’inégalité mais construire un autre future.
Pour encourager cette reprise en main du destin par les milieux populaires, il faut reprendre notre place, s’engager concrètement, s’impliquer personnellement.
Terrain d’Entente, avec de très modestes moyens, est engagé dans cette construction. Depuis toutes ces années de présence, nous savons mettre en évidence les ressources, les capacités de mobilisation des adultes, les savoirs faire professionnels qui nous permettent de pouvoir contribuer au dynamisme local. Nous sommes de plus en plus centrés sur les envies et nous avons collectivement contribuer à régler certains problèmes.
Nous cherchons les moyens d’exercer de façon effective notre responsabilité collective dans l’éducation et la protection des enfants. Et nous nous efforçons de nous engager, avec les
acteurs volontaires de l’action éducative, pour construire, avec les parents, une communauté éducative, à l’échelle du quartier où chacun se sent responsable, impliqué, à égalité.
Nous encourageons les enfants à partir des conseils qui ont lieu chaque semaine, de devenir partie prenante de nos temps de rencontre, en les accompagnant dans leurs projets pour qu’ils puissent aboutir. Les enfants s’investissent et s’engagent pour des projets qui font sens pour eux. Nous nous centrons sur des modes d’expression artistique (Atelier Théâtre, Atelier écriture, Atelier peinture, Atelier paperolle….). Nous recherchons des modes de manifestation pour mettre en valeur toutes ces productions. On peut dire aujourd’hui: vous connaissez les enfants de Tarentaize? Ah oui, ceux qui ont réalisé l’exposition de peinture à l’amicale de Chapelon, ceux qui ont décoré la librairie croque’linotte avec des origamis, ceux qui ont animé des ateliers paperolles place Jean Jaurès dans le cadre de la fête du livre, ceux qui ont réalisé une émission de radio….
Nous avons construit une communauté de destin avec les habitants du quartier et ça nous amène à répondre aux besoins sociaux qui y émergent. Ces liens de proximité sont la source de notre mobilisation et de notre détermination à vouloir transformer l’inacceptable. Parce que nous ne pouvons pas envisager de transformations sociales sans nous appuyer sur l’expertise et les ressources des familles des milieux populaires.
Ces espaces de pédagogie sociale restent extrêmement précaires et privés de soutien pour poursuivre leur évolution.
Hors il est temps d’encourager les initiatives qui ne s’inscrivent pas dans une gestion des quartiers de type colonial ou occupationnel, mais qui s’impliquent dans la durée en construisant des rapports de proximités pour engager des actions qui transforment les rapports de dominations en pouvoir émancipateurs.
Un petit rappel de l’histoire: l’action sociale repose sur la solidarité de la Nation fixée dès l’article 21 de la constitution du 24 juin 1793 qui déclare : « Les secours publics sont une dette sacrée, la société doit la subsistance aux citoyens malheureux… »
C’est une formulation de l’époque, mais elle affirme l’engagement de l’état, de la société toute entière à ne laisser personne au bord du chemin, comme un devoir « sacré ». Elle traduit la conviction qu’une société se construit et se développe avec tous, sinon, nous prenons le risque pour tous, de plonger dans la barbarie qui nous oppose et nous divise.
Qu’en est-il de ce principe aujourd’hui ? A quelles conditions les associations d’action sociale peuvent-elles retrouver leur capacité à porter sur l’espace public les constats et analyses qu’elles tirent de leur action, à alimenter une critique sociale ?
« Quand le prochain est atteint dans ses droits, on atteint le droit qui nous protège tous ».

Il est temps de re politiser l’action sociale.

 

Josiane GUNTHER
Le 20/11/17

Publié par Terrain D'entente dans 2017, Texte de reflexion, 0 commentaire

Des savoirs qui nous divisent, des savoirs qui nous émancipent Construire une compréhension populaire du monde pour le transformer

 

La question du savoir, de ce qui est reconnu et valorisé comme du savoir, détermine la place que chacun occupe dans la société. Une forme d’élitisme s’est développé à partir du savoir académique. Ce savoir là domine tous les espaces de la société et conditionne notre façon de comprendre la réalité.

Toute une hiérarchie définit la valeur de la connaissance à partir du nombre d’années d’études et des diplômes obtenus. Un docteur en économie a plus de légitimité à prendre la parole, il sera écouté avec attention par un public nombreux qui va se déplacer pour l’entendre. Il sera considéré comme un expert, et les concepts, les analyses, les visions du monde qu’il va décliner seront considérés comme vrais.

Une femme de ménage ne prend jamais la parole en public. D’elle même elle a intégré qu’elle n’avait rien à dire d’important. Elle ne se sent aucune légitimité pour apporter sa contribution à la réflexion collective. Elle va même apprendre à penser contre elle même en discréditant son expérience concrète du quotidien si elle n’est pas corroborée par les discours dominants. Lorsqu’on discute au café des femmes de tous ces métiers mal considérés, voire méprisés, on ne peut que reconnaître une profonde injustice. La cuisine, le ménage, l’aide aux personnes vulnérables…. sont des métiers indispensables, essentiels pour qu’une société puisse se développer dans les meilleurs conditions. Alors que les conditions de travail, dans tous ces métiers, restent indignes, partout. Ces travailleurs là font partie de la longue liste des invisibles dans notre société.

Cette conception très restreinte de la connaissance est aujourd’hui bousculée. Une autre vision s’affirme peu à peu. On parle des « savoirs froids » et des « savoirs chauds ». Les premiers sont les savoirs universitaires, les lectures, les connaissances intellectuelles… Les autres sont les enseignements que chacun retire de son expérience de vie, de ce qu’il a construit avec d’autres. Les « savoirs froids », on entend par là des savoirs désincarnés, qui n’ont pas d’accroche avec le vécu. Les « savoirs chauds » sont ceux qui produisent la chaleur de la relation, de la rencontre et la capacité à agir avec les autres.

 

Poalo Freire rappelait que le savoir n’est jamais issue d’une expérience intellectuelle solitaire. Le savoir c’est ce qu’on apprend en réalisant concrètement les choses avec d’autres, en s’impliquant dans des actions. Le savoir provient de tous ces échanges, ces dialogues à partir de ce qui se construit collectivement. Faire les choses et parler ensemble de ce qu’on a fait permet de construire des savoirs, une compréhension de la réalité, et chacun apporte alors sa contribution à cette lecture du monde. Ces actions, ces échanges, ces savoirs nouveaux sont en eux mêmes émancipateurs, parce qu’ils nous permettent d’agir.

N’est ce pas la finalité de l’éducation? Ne vise-t-elle pas à ce que chacun devienne auteur de son existence et exerce sa citoyenneté en s’organisant avec d’autres, en devenant partie prenante de toutes les affaires sociales qui le concernent?

Une des bases fondamentales pour construire une vie sociale riche, dynamique et vivante, productrice de progrès pour tous.

Ce qui est extraordinaire dans la démarche de la pédagogie sociale c’est de savoir construire les relations en partant du principe que nous sommes ignorants de beaucoup de choses. Les pédagogues sociaux s’immergent dans la réalité quotidienne des habitants des quartiers populaires, pour comprendre et apprendre comment chaque jour se construit. Et nous nous heurtons à une violence de plus en plus globale que les familles subissent dans tous les domaines de leur existence. Et nous nous enthousiasmons de toutes ces ressources infinies qui se manifestent lorsqu’on entreprend ensemble des actions qui font sens. Et nous nous engageons tous ensemble avec la volonté de transformer les choses en nous sentant responsable, impliqué, à égalité.

Cette année, une action que nous avons menée à bien m’a particulièrement marquée et m’a permis d’en tirer un précieux enseignement.

Lorsque nous avons entrepris de participer à l’animation d’une rue dans le cadre de la biennale du design en ouvrant un salon de thé. Une vingtaine de femmes étaient mobilisées pour mener à bien ce projet. Et nous avions toutes le pressentiment que nous n’avions pas droit à l’erreur, qu’il fallait que l’on fasse preuve d’excellence. La question de la dignité de chacune et du collectif était en jeu.

Les familles pauvres l’ont compris depuis toujours. Si elles veulent espérer trouver leur place parmi les autres membres de la société, elles se doivent de dépasser les à prioris qui pèsent lourd sur la façon dont elles sont considérées.

Ces adultes doivent faire plus et mieux que ce qui est attendu de façon générale, pour être reconnus.

La boutique était magnifiquement décorée par les oeuvres des enfants, le mobilier avait été prêté par les unes et les autres, les gâteaux abondants étaient présentés dans les plus beaux plats qui provenaient tous des vaisselles familiales.

Le premier jour de l’ouverture, chaque adulte avait invité ses amies. Le salon était bondé. Au moment de préparer le thé, le compteur d’électricité a disjoncté. Je me suis retrouvée totalement catastrophée et désemparée. Alors que plusieurs de ces femmes ont réagit pour trouver rapidement une solution. Aller demander aux autres commerçant de faire bouillir de l’eau, retourner chez soi pour préparer du café… En l’espace d’une heure, le problème était réglé, grâce à la contribution active de chacune.

On a bien rit après coup, de cette mésaventure. Et l’une d’entre elles m’a fait remarquer: « Tu sais Josiane, tu peux compter sur nous, on a l’habitude des galères, c’est notre quotidien, on sait faire avec! »

 

On sait faire avec…! Un savoir qui vient de l’expérience, de toutes ces galères avec lesquelles il faut bien composer pour espérer trouver des solutions. Un savoir qui développe des aptitudes à chercher, créer, inviter des solutions.

Majid Rahnema en parle longuement dans son livre « la puissance des pauvres ».

Alors qu’on défini habituellement la pauvreté par le manque, l’auteur rappelle que la pauvreté dans laquelle a toujours vécue l’essentiel de l’humanité est une pauvreté conviviale qui s’appuie sur les valeurs humaines de solidarité. Quand on est pauvre, on n’a pas d’autres choix que de rechercher en soi même et avec les autres la meilleure façon de régler les problèmes qui se posent tout au long de l’ existence. Tous ces trésors d’inventivité, ces ressources pour échapper à l’impuissance sont un immense potentiel de transformation de la réalité.

Nous avons cette chance formidable d’apprendre de ces familles à imaginer, créer des possibles. C’est un enrichissement que nous ne pouvons pas construire ailleurs et autrement. Il nous faut juste nous immerger, nous imprégner de cette façon de faire avec la réalité pour peu à peu, en construisant des collectifs, là transformer.

Nous apprenons de tous ces savoirs »bénéficiaires du RSA », celui de la précarité, de l’instabilité permanente dans l’accès aux droits; les savoirs « mère isolée », et la non prise en compte de cette responsabilité écrasante d’avoir à élever seule ses enfants; les savoirs « étranger nouvellement arrivé en France » et l’incertitude du lendemain, l’insécurité et la peur….ect….

Les savoirs universitaires sont des savoirs « hors sol », en dehors de la « vraie vie » et ne nous permettent pas de pouvoir faire face à tout ce qui peut advenir et qui n’était pas prévu.

Sur cette question de la valorisation des diplômes, une jeune femme m’exprimait un jour son amertume face à toutes ses années d’études où elle avait été une élève brillante. Elle avait réussit à l’école. Mais toutes ces années ne lui ont pas permis de construire son existence de façon autonome, ne lui ont pas donné l’assurance nécessaire pour prendre des décisions par elle même, pour choisir un métier dans lequel elle puisse pleinement se réaliser.

Il semble donc indispensable de poursuivre l’ouverture de ces espaces qui se sont développés au travers de différents collectifs, à l’exemple des universités populaires. Ces espaces permettent le croisement des savoirs pour qu’ils se nourrissent mutuellement. Les savoirs universitaires qui se nourrissent des savoirs incarnés dans le vécus, et réciproquement.

Mais il faut surtout poursuivre la création de collectifs qui permettent ensemble de produire, de construire, de sentir que des possibles s’ouvrent, pour redonner dignité et légitimité à tous ces savoirs populaires qui ne sont pris en compte nulle part.

A partir de là, il est possible de construire une compréhension de monde forte parce qu’incarnée dans la vie quotidienne, dans les expériences concrètes. Une compréhension du monde capable de porter et de légitimer les mouvements émancipateurs…… Et ne plus penser contre soi même!

 

 

 

 

Publié par Terrain D'entente dans 2017, Texte de reflexion, 0 commentaire

Des galettes au feu de bois

Les enfants sont une grande source d’inspiration et de prise d’initiatives pour notre collectif. Ces derniers mois, ils ont manifesté à plusieurs reprises l’envie de faire des feux de bois, et chaque fois nous interrompions leurs élans, expliquant les dangers, les mauvaises conditions… Mais nous répétions cette scène à chacune de nos rencontres, redoutant parfois à avoir à déplorer un incident.

Mais la brise fut venue!!!

Assurer notre présence tout au long de l’année, sans prendre en compte des conditions météo, envers et contre tout, demande un peu de créativité. Nous cherchons au fil des mois des occasions de varier les plaisirs, de créer des évènements, de vivre ensemble des moments de fêtes.

Le Conseil d’enfants est l’espace de prise de décision. Chacun est invité à faire des suggestions et le groupe s’en saisi pour que les projets puissent aboutir. Nous avons évoqué à cette occasion, l’idée de pouvoir concilier plusieurs envies: faire des feus de bois, se réchauffer durant cette période de l’année, réaliser tous ensemble le goûter.

Si nous manquons de moyens matériels, nous ne manquons pas d’amis! L’un d’entre eux avait réalisé un magnifique tonneau qui permet de faire du feu dans de réelles conditions de sécurité, il a mis cet instrument à notre disposition pour une durée indéterminée. Un petit groupe d’enfants est parti à la recherche de bois, plusieurs adultes et enfants étaient partants pour réaliser des galettes sur le terrain. « Elles sont bien meilleures quand on les cuisine dehors, au feu de bois! » Une adhérente s’était chargée des courses, plusieurs familles ont prêter le matériel nécessaire pour notre cuisine extérieure. L’union fait la force!

Par ce 11 Novembre plein de grisaille, notre foyer a été magnifique, nous n’avons eu à déplorer aucun blessé, les galettes ont été réussies, en coopération entre des enfants et des adultes. Nous avons l’habitude de nous appuyer sur les relations intergénérationnelles qui sont une ressource de notre collectif.

L’après midi s’est terminé par des grillades de poivrons…. Ce qui nous a donné d’autres idées pour poursuivre cette nouvelle aventure. Nous allons reproduire cette opération foyer/cuisine régulièrement durant cet hiver. ce sera l’occasion de faire d’autres expériences culinaires. Pour la prochaine fois, nous allons enrichir notre recette avec une sauce pour accompagner les galettes, nous aurons aussi le temps de faire le cacao, le thé à la menthe. On envisage aussi une grillade de chamalos!

Nous recherchons toutes les occasions pour répondre aux envies en nous appuyant sur les ressources de notre collectif. D’un point de vue éducatif nous mesurons la pertinence de rendre possible les choses plutôt que de les interdire. Nous donnons ainsi des occasions de faire des expériences où on apprend à créer et respecter des conditions de sécurité pour réaliser les choses. On renvoie ainsi aux enfants la confiance que nous leur accordons, ce qui permet la prise d’autonomie. L’autonomie pour nous, c’est surtout avoir la possibilité de s’autoriser à faire les choses, de devenir auteur de ce que nous réalisons.

 

Publié par Terrain D'entente dans 2017, Activités en extérieur, 0 commentaire

Rencontre avec Catherine Hurtig Delattre auteur du livre « la co éducation à l’école c’est possible ».

L’action « 1001 territoires pour la réussite de tous les enfants à l’école », s’est développée depuis 6 ans dans différentes régions, avec la volonté de jouer un rôle dans la réduction des inégalités à l’école. Elle concerne des associations notamment ATD Quart Monde, et plein d’autres acteurs de structures éducatives, les parents d’élèves, les enseignants.

Le constat de l’inégalité généré par notre système éducatif n’est plus à faire.

Nous sentons la nécessité de nous engager avec toutes les familles, notamment celles qui sont les plus éloignées de l’école dans une dynamiques locale qui mobilise toutes les ressources éducatives en créant une communauté éducative où chacun est responsable, impliqué, à égalité. Parce que c’est aussi l’école qui est éloignée des parents.

 

Divers études ont mis en évidence le rôle essentiel des parents dans la lutte contre l’échec scolaire. Les parents peuvent aider les enseignants. On a besoin de leur éclairage. Pour garantir la réussite de tous, l’école se construit avec la participation des parents. Un des enjeux majeurs est d’aider l’enfant à vivre la différence entre sa culture familiale et la culture scolaire. Non pas sur le mode du conflit mais sur le mode de la complémentarité. Si l’enfant est tiraillé entre deux référents forts, ses parents et son enseignant, il est difficile pour lui de s’investir sereinement dans les apprentissages.

Il y a également des problèmes qui dépassent les murs de l’école (notamment les questions de précarité, des condition de logement qui ont des incidences sur le bien être des enfants, leur disponibilité) les enseignants ne peuvent pas faire la classe sans se soucier de la réalité de ce que vivent les enfants. L’école ne peut assumer son rôle que si elle considère l’élève dans toutes ses dimensions.

Nous vivons dans une société cloisonnée. Beaucoup d’enseignants vivent en dehors du tissu social dans lequel vivent leurs élèves. Ils ne le connaissent pas.

Les enseignants sont isolés dans un système en constante évolution: besoin de médiateurs: tout le tissu social qui peut être en lien avec ces familles. D’où cette notion de communauté éducative qui est à construire.

 

1001 Territoires, sur le quartier Beaubrun/Tarentaize, existe depuis Avril 2016. Cette initiative a fait suite à une rencontre avec un des fondateurs de 1001 territoires où Le babet, Terrain d’Entente, le DRE étaient présents.

Nous ressentions que pour l’ensemble des familles l’école est centrale. Les enfants estiment leur valeur en fonction de leur résultat scolaires, s’ils ne sont pas conformes, ils en conclus qu’ils sont bêtes « je n’ai pas de cerveau.

De nombreux parents sont inquiets, souffrent devant les difficultés de leurs enfants à l’école. Ils cherchent à les encourager dans leurs efforts, mais se sentent parfois d’impuissants à pouvoir être partie prenante d’un système qu’ils comprennent mal.

Nous avons pris contact avec estelle chatre qui est coordinatrice du REP, et qui participe à cette action depuis le début.

 

Plusieurs mères de familles se sont mobilisées rapidement. Elles ont su nommer un certain nombre de difficultés de compréhension et de communication avec les enseignants, elles ont fait différentes propositions et elles ont manifesté une grande volonté à collaborer avec l’école, à s’impliquer. Des enseignants volontaires se sont rendus disponibles pour échanger avec les parents.

Nous avons décidé d’ouvrir des espaces dans les écoles, des espaces « info parents » chaque semaine, sur le temps de décharge des directrices d’école, avec la présence de parents et des membres du collectif. Ces espaces sont dédiés à l’accueil des parents qui souhaitent aborder des questions sur la scolarité de leurs enfants. Ils se sont organisés de manière différente dans chaque école. Certaines situation très difficiles, voire même de détresse ont été accueillies dans ce cadre. Nous avons également proposer deux rencontres autour du jeu, en réponse à l’inquiétude de nombreux parents concernant l’absence des devoirs à la maison. Une façon de mettre en valeur ce qui peut se vivre autour du jeu dans les familles qui est source d’apprentissage.

 

Nous sentons la possibilité d’aller plus loin dans ce travail d’ouverture de l’école sur la réalité du quartier, pour rendre les parents plus acteurs de la scolarité de leurs enfants. C’est pourquoi nous vous avons proposé cette rencontre pour échanger sur nos pratiques avec l’objectif de les enrichir

Nous avons invité Catherine parce qu’elle a réalisé un remarquable travail pour construire différentes occasions de rencontres et d’échanges avec les parents, et cela, le plus souvent possible.

Catherine estime qu’à l’école, l’enjeu est le rapport au savoir. Le savoir est partout, l’enfant n’apprend pas qu’à l’école. Il est important d’éviter de construire une barrière entre le savoir formel de l’école et le savoir informel de la famille.

L’enfant ne réussira à l’école que s’il sait faire des liens entre ce qu’il apprend dans les différentes sphères de sa vie.

En différentiant les espaces, les temps, les lieux de rencontre et de concertation avec les familles, l’opportunité est donnée d’améliorer l’accès de l’un à l’autre. . La prise en compte des attentes et des difficultés des parents est un facteur important de leur implication.

Catherine va nous proposer un diaporama qui propose une analyse de la situation actuelle et les possibilités de répondre à cet impératif de co éducation

Publié par Terrain D'entente dans 1001 territoires, 2017, 0 commentaire

Un week-end à Retournac

Comme chaque été, nous avons partagé un très beau week end chez nos amis de la Ferme des Fromentaux qui a bénéficié à 17 personnes

Nous sommes partis avec 5 familles dont 12 enfants de 1 an à 14 ans.

Cette ferme est idéalement située au bord de la Loire ce qui permet de très agréables baignades. Elle est également à l’orée des bois, et nous avons pu profiter de la beauté de la forêt à dos d’âne et de cheval, accompagnés par nos amis.

Nos amis sont paysant boulangers, ils font leur blé, leur farine et leur pain. Toute la production est entièrement biologique. Nous avons été très sensibles à cette démarche infiniment respectueuse de l’environnement. Les familles présentes se sont intéressées à cette façon de produire qui fait écho à leur expérience concrète dans leurs pays d’origines où elles se retrouvaient pour la majorité à vivre en milieu rurale. Ces échanges d’expérience se sont déroulés à l’occasion de repas partagés où tous les membres de la ferme nous ont rejoins.

Nos amis sont également éleveurs de chèvres et fabriquent des fromages. Chaque matin et en fin d’après midi, nous pouvons participer à la traite des chèvre qui se fait à la main. C’est l’occasion de connaitre et de comprendre la condition d’éleveur, comment on prend soin du troupeau, comment on fait le fromage.

Nous avons pu accompagner la Manon, bergère durant une demi journée et nous laissés enthousiasmés par l’agilité des chèvres dans ces terrains extrêmement escarpés, leur facilité à se hisser le plus haut possible pour attraper les feuilles des arbres.

Ces deux jours de vacances ont été l’occasion de constituer une communauté éducative avec tous les membres de la ferme. Nous constatons le bénéfice immense de ce mode de relation qui apporte une grande sécurité aux enfants et un réel confort aux parents.

Ces sorties répondent au besoin de ressourcement dans la nature et de rencontre d’autres réalités, ce qui favorise un enrichissement de chacun au travers de ce partage multiculturel.

Publié par Terrain D'entente dans 2017, Activités en extérieur, 0 commentaire

Les sorties au jardin avec l’association « les moyens du bord »

Nos amis des « Moyens du Bord » disposent d’un grand jardin potager à Bel Air, et nous y invitent régulièrement. Nos deux associations sont très en lien depuis plusieurs années, et se retrouvent autour de valeurs fortes comme l’inconditionnalité de l’accueil, la gratuité. Nos deux associations s’enrichissement mutuellement tant par nos pratiques que par la composition de ses membres.

Les Moyens du Bord sont particulièrement centrés sur des ateliers d’expression artistiques ouverts à tous. Terrain d’entente bénéficie de certaines de ces activités proposées dans l’année. Les Moyens du Bord dont les membres sont tous célibataires, nous rejoignent pour des temps de partage festifs où ils apprécient la vitalité de nos rencontres familiales.

Le jardin de Bel Air est très accessible grâce aux transports en commun, nous avons parfois rempli un car de la STASS!. Il est situé dans un très beau coin de nature.

Cet été, nous avons participé à un spectacle qui s’adressait à tous les âges, un grand jeu du loup garou également pour tous, et un repas oriental réalisé par les mères de familles à partir des légumes du jardin.

Ces sorties sont chaque fois un temps de détente et de ressourcement. Elles sont également une occasion de construire une communauté éducative avec tous les adultes présents.

Cette qualité de rencontre produit un effet bénéfique sur chacune des personnes présentes. Les enfants bénéficient de la présence attentive de plusieurs adultes, les mères de familles ont un peu de répit pour se rendre disponible aux activités proposées, les adhérents des moyens du bord apprécient ce lien privilégié avec les enfants, et les familles en général.

Publié par Terrain D'entente dans 2017, Activités en extérieur, 0 commentaire

Représentation de la pièce Seul le chien avec le Collectif X

Ce soir-là, c’est un grand soir !

Nous sommes à la fois curieux, anxieux, pressés, contents, d’aller voir la pièce Seul le chien, écrite par Homère et Agnès d’Halluin.

Elle est donnée à l ‘Amicale Tardy. Depuis quatre mois un groupe d’enfants de Terrain D’Entente va répéter tous les mercredis après-midis et d’autres jours la dernière semaine, avec Lucile Paysant notre comédienne préférée, et des membres de la troupe Collectif X.

Installés qui sur des chaises, qui sur des banquettes, qui sur des coussins sur le sol, le public est nombreux, la salle est comble !

Le spectacle commence : la première partie présente le contexte de l’Odyssée d’Homère, rappelle la guerre de Troie fratricide, la situation de Pénélope attendant son Homère sur l’île d’Ithaque, et de Télémaque parti à sa recherche, et rencontrant Nestor, Ménélas puis Protée pour essayer de savoir ce qui est arrivé à son père. Deux personnages rythment la pièce : l’Aède (qui raconte l’épopée) et La Violence Gratuite, qui se délecte des passages brutaux.

La deuxième partie est celle où jouent les enfants avec les comédiens, il s’agit des aventures d’Homère. Une grande importance est apportée à la mise en scène, aux déplacements, aux éclairages. L’équipe des marins joue un grand rôle, Ulysse n’est pas seul, ses marins le soutiennent, le défendent, meurent aussi (et un compte à rebours macabre est affiché dans ce cas !).

Nous avons alors pu vivre les tempêtes subies, les épreuves subies au pays des Lotophages, puis des Cyclopes (en trompant Polyphème), de l’île de Circé la magicienne. L’année passée chez Circé est traduite sur la scène par une fête avec lumières et musique de boite de nuit, où tous les comédiens dansent.

Quel contraste avec la scène suivante, qui est la visite au pays des morts, très sombre et émouvante, où Ulysse peut parler avec des morts qu’il aime : sa mère, Achille ,….

Nous vivons aussi leur errance entre les rochers de Charybde et Scylla, où les marins sont décimés. Enfin après un séjour sur l’île du soleil, où les marins restants sont tués pour avoir mangé les bœufs d’Hélios, seul Ulysse survit car il n’en a pas mangé, et il dérive alors accroché à une poutre jusqu’à l’île de Calypso. Il y reste prisonnier plusieurs années de la nymphe.

Un chant réunit tous les personnages, moment fort de ce spectacle : c’est le chant des marins qui leur permet de rester soudés face à l’envoutement des sirènes.

 

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Sortie piscine en famille a Montbrison

Pour clore cette période estivale, notre association avait organisé en fin août une activité qui réunissait grands et petits dans un moment de détente avant la reprise scolaire.

Les familles de Tarentaize/Beaubrun se sont réunies autour d’un piquenique convivial dans le partage au sein du parc de Montbrison. C’est à la médiathèque de Tarentaize, notre point de rencontre habituellement que nos adhérents se sont rejoints pour un départ en grande famille. Le voyage Saint-Etienne/Montbrison en bus s’est déroulé dans la joie et la bonne humeur…brève une ambiance joviale.

Les enfants ont pu profiter de cet échange culturel et culinaire en compagnie de leurs mères entre deux parties de football. L’heure du piquenique terminée, les enfants se sont dirigés tète la première dans les bassins de la piscine de Montbrison. Sous la surveillance bienveillante des animateurs et des maitres nageurs, les enfants ont profité de l’occasion pour diversifié les activités et les jeux aquatiques : waterpolo, courses de nage libre, le volley-ball aquatique, la balle au prisonnier…etc.

Tout au long de l’année, notre équipe tente de faire vivre le quartier grâce à de nombreuses activités tout en restant fidèle à ce que ces activités proviennent des initiatives des adhérents. La sortie piscine de Montbrison en est l’exemple parfait qui illustre l’esprit jeune et jovial de Terrain d’Entente.

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Atelier cirque avec la compagnie OZIGNO

Dans le cadre du Festival des 7 collines à Saint Etienne nous avons eu l’opportunité d’être initiés à l’art du cirque sous le chapiteau du cirque OZIGNO au Puits Couriot.

Notre premier contact avec les artistes fut lors d’une visite du chapiteau avec une douzaine d’enfants

 

Le mercredi suivant nous avons pu être de vrais acrobates pendant 2h30. Les enfants étaient ravis de pouvoir être en action sous le chapiteau et découvrir ce milieu si fascinant. Les deux artistes de la compagnie furent de très bons pédagogues et ont su tout de suite accrocher les enfants par des échauffements très « mouvementés… » ! Ils ont ensuite pu découvrir différents portés acrobatiques de deux, trois, quatre et même cinq personnes à la fois. Les enfants ont appris la difficulté de ce travail professionnel et la responsabilité de chaque artiste lors d’un spectacle. Ils ont su faire preuve de patience et de douceur pour ne pas blesser leur partenaire et être responsable et sécurisant en posture de porteur. Les plus âgés soutenaient les plus jeunes et un esprit d’équipe c’est tout de suite créer dans le groupe. Nous nous sommes beaucoup amusés et nous sortons fiers de la qualité et de la gestion de peur (du vide) des enfants. Cet après-midi c’est finalisé autour d’un goûté gracieusement offert par la compagnie. Les enfants ont pu échangés avec les artistes sur leur vie plus personnelle et assistés à une petite démonstration.

 

Cette initiation s’est soldée par une invitation au spectacle « OZE » de la Compagnie de dimanche suivant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Atelier fabrication de bijoux avec les adhérentes

Les adhérentes de l’association se sont aussi initiées à l’art de roulé le papier (paperolle) afin de réaliser des bijoux. Chaque femme est partie de ses qualités créatrice et a choisi les formes et les couleurs pour son bijou. Ce sont essentiellement des boucles et bracelets de cheville qui ont été réalisées pendant 3 samedis après-midi.

Les premiers essais furent laborieux. La réalisation de bijoux nécessite patience, précision et minutie. La technique de base étant difficile à acquérir, certaines ont pu douter de leur capacité par moments. Mais après quelques coups d’essai, les bandelettes furent très vite roulées, les différentes parties assemblées puis vernies pour aboutir sur de magnifiques créations !

Entre les ateliers une femme a même créé des bijoux chez elle. Elle s’est réapproprier la technique pour réaliser une belle paire de boucle grenouille.

 

Cet atelier a permit de lier de nouvelle relation et d’échanger sur les vies respectives de chacune. Ce fut un temps de partage entre femmes, l’occasion de se rassembler, de rire ensemble et de se transmettre mutuellement des connaissances et des savoir-faire de qualité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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