Mois : mai 2017

Atelier Handball

Cela fait un mois que je suis dans l’asso en tant que volontaire en service civique. Ayant fait du hand pendant 10ans, j’ai voulu partagé ma passion et mon amour pour ce sport.

En arrivant sur le parc Jean Ferrat, j’ai remarqué que le seul sport que tous les jeunes pratiquent c’est le FOOT. J’ai eu envie de leur proposer une autre pratique sportive.

À mon arrivée j’ai essayé de connaître les avis de chacun si je venais à faire une activité handball. Certains d’entre eux m’ont dit « j’en ai déjà fait mais seulement à l’école », « c’est un sport de nul », « je n’aime pas »,etc..

Finalement, lors d’un conseil des enfants (qui a lieu tous les samedi et qui est l’occasion de faire des propositions) beaucoup de jeunes étaient partant et semblaient intéressés de participer à cette activité. Le vendredi 3 mars 2017 on s’est lancé et on a programmé une matinée handball au gymnase de beaubrun. Mais le jour J, seul 6 personnes étaient au rendez vous qu’on s’était fixé devant la médiathèque. MINCE !! « Pourquoi il n’y a que 6 jeunes alors que beaucoup d’entre eux me disaient qu’ils étaient partant ». Mais la vitesse de communication de ses jeunes est impressionnante et cela m’épate toujours autant. Le groupe qui était présent s’est chargé d’aller appeler un peut tout le monde et on a fini par y aller avec une vingtaine de jeunes.

En arrivant au gymnase, on remarqua qu’il n’y avait aucun marquage pour le terrain de hand. On était surpris parce que d’après les échos, c’était sûr que tout était en place pour faire du handball. « Ce n’est pas grave. On fera avec pour éviter que tout le groupe soit déçu ».

On a commencé par quelques exercice pour s’échauffer et ils n’étaient pas très emballés parce que ce qu’ils voulaient c’est FAIRE DES MATCHS. Même s’ils ne s’attendaient pas à commencer par ça, ils étaient pratiquement tous à l’écoute. Certains n’arrivaient pas à faire de passes, d’autres n’arrivaient pas à dribbler et d’autres n’arrivaient pas à fixer. Mais je n’avais pas à jouer sur tous les fronts parce qu’ils se faisaient aider par leurs camarades. Après l’échauffement, on s’est tous mit en cercle au centre du terrain pour expliquer certaines règles qu’on aurais omis de rappeler pendant les exercices. PLACE AUX MATCHS !! Ils ont constitué 3 équipes assez équilibré et on a pu faire des matchs pendant 1h. Même si le groupe qui attendait était impatient, chacun d’entre eux a pu profiter de cette matinée handball.

Les jeunes étaient si fières de leur performances et content d’avoir fait cette activité qu’ils s’en sont venté toute la journée auprès de ceux qui n’avaient pas pu être là.

Les vendredi 21 et 28 avril, on a proposé d’autres activités handball mais avec des groupes plus précis pour éviter d’avoir une vingtaine de jeunes et que certains se retrouvent contraint à rester sur le côté pendant les matchs. Contrairement au premier atelier, cette fois là on est allé au gymnase du puit de la Loire qui est plus adapté car tout était en place pour faire du hand.

Nous avons alors débuté notre séance en réalisant des petits jeux du type : passe à dix ou l’épervier pour échauffer les jeunes. Ensuite nous mettions en place des exercices de tirs ,dribbles et passe tout en corrigeant les erreurs si lieu pour un meilleur apprentissage et une meilleure assimilation à la pratique du handball. Pour finir nous faisions deux équipes et place aux matchs durant toute la fin de l’heure. Nous ne faisions pas plus d’équipe car nous souhaitions qu’aucun jeunes attendent pour jouer. Ces deux séances se sont très bien passé et il y a eu que des bons retour. Beaucoup d’entre eux demandent quand est-ce qu’auront lieu les prochaines activités de handball.

 

Anais

 

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Les enfants et leur atelier Paperolle place Jean Jaurès

L’Association Terrain d’Entente a tenu un atelier paperolle (l’art de rouler le papier) place Jean Jaurès à Saint-Etienne le mercredi 19 avril 2017, dans le cadre des mercredis du livre. Nous avons été contactés par la mairie suite à la qualité des origamis réalisés par les enfants et exposés dans la vitrine de la librairie Croque ’linottes.

 

La force de notre association se trouve dans la diversité et la complémentarité des personnes la composant. Chaque personne de l’équipe possède des qualités et des compétences mises au service de l’ensemble de notre communauté. Passionée par les paperolles, j’ai voulu partager cet art avec les enfants de l’association. Depuis le mois de février, ils s’initient à cet art (datant de la renaissance) lors de nos ateliers de rue les mercredis et samedis après-midi. Le choix d’un atelier paperolle pour l’évènement place Jean Jaurès nous a paru logique et dans la continuité de nos ateliers papiers sur le terrain. L’avantage de cet art est qu’il est à la portée de tous que ce soit au niveau du matériel requis (bandelettes de papiers, ciseaux, colles) ou du niveau artistique de chacun. Ils ont pu découvrir cet art, apprendre les techniques et se les réapproprier pour que chacun crée son univers. Cet apprentissage fut partagé par une vingtaine d’enfants et de belles créations ont pu être exposées au mercredi du livre pour servir d’exemple.

 

L’atelier place Jean Jaurès fut un projet partagé par de nombreuses personnes. Les trois jeunes filles qui ont tenu l’atelier ont su, à leur tour, transmettre aux passants leur savoir faire. Ce fut un après-midi plein de discussions, de bonne humeur et de sourires. Les parents des enfants participants sont restés pour s’initier eux aussi ou prendre le temps d’échanger avec les personnes présentes.

C’est l’occasion pour les jeunes de montrer leur potentiel et leur envie de partager leur travail en dehors de leur famille ou de leurs amis. Les filles ont fait preuve de patience et de pédagogie pour expliquer cet art peu connu. La tenue de cet atelier paperolle fut une expérience très positive pour l’ensemble des personnes présentes.

Un enrichissement mutuel s’est fait lors de cet atelier paperolle car chaque personne dans son individualité a su s’approprier une technique de base pour inventer de nouvelles créations de roulage. Une coopération s’est mise en place entre les jeunes pour partager leur façon de faire. Sur l’ensemble des cinq heures d’atelier, il y a eu une multitude de réalisations en papier. En fonction de l’âge des enfants et de leurs envies, des prénoms, des paysages ou encore des formes abstraites ont été réalisées. Les créations furent d’une grande diversité et de qualité.

Ce fut aussi l’occasion pour notre Association de sortir du quartier et faire connaître nos actions et nos valeurs ayant comme socle une communauté éducative. Chaque personne, quel que soit son âge et ses origines, a quelque chose à apporter et transmettre aux autres. Cet atelier fut un bon exemple de cette transmission.

 

 

Chloé Delluègue

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Les ateliers artistiques en 2016-2017

Les ateliers artistiques en 2016-2017

Depuis quelques années, nous avons mis en place un atelier peinture un samedi après-midi par mois, en collaboration avec une amie art thérapeute. Lors de ces ateliers thématiques et ludiques, les enfants découvrent à partir de beaux livres des œuvres d’artistes classiques et modernes, et s’en inspirent pour créer leur propre œuvre.

Chaque année nous exposons les œuvres des enfants et adultes de Terrain d’Entente. En 2016 c’est dans le beau lieu de l’Amicale Laïque Chapelon que nous avons pu les montrer, en lien avec nos amis des Moyens du bord.

Par exemple, le 12 novembre ils ont créé à partir de photos de tapis orientaux.

Le 10 décembre, ce sont deux superbes affiches qui ont été conçues à partir de peintures et dessins sur le thème « Terrain d’Entente, c’est quoi pour vous ? ». Ces deux panneaux ont ensuite servi à présenter notre association dans la vitrine de Croquelinottes, dans le salon de thé pendant la biennale du design.

De janvier à avril 2017, les enfants ont, sur les trois après-midis, découvert et travaillé à partir des méthodes de peinture tels que le pointillisme, des cultures lointaines et anciennes et encore vivantes comme l’art aborigène; ils ont exploré différents outils pour peindre, et en juin vont s’inspirer des mobiles de Calder.

Ils créent des œuvres personnelles en arrivant à se concentrer, à explorer leurs ressentis, émotions, idées…

Le 28 février ils ont peint sur des support en bois (morceaux de bois ramassés en forêt, lavés et séchés). Comme vous le voyez, les oeuvres sont de qualité, et ce parce que l’engagement a été total, la concentration extrême pendant une heure pour tous, davantage pour d’autres.

10 enfants étaient présents, de 5 à 14 ans, filles et garçons.

Le rangement de l’atelier, le nettoyage, ont été pris en main par Afsa de main de maître. Je l’ai félicitée pour tout ce qu’elle apporte dans l’association (c’est elle qui a peint le superbe poisson!).

Le 25 mars, les enfants ont produit une oeuvre collective sur du papier à fresque couvrant quatre tables du local. L’art aborigène fut peu exploité, les essais avec des matériels variés de peinture fructueux.

Le 29 avril, ils ont peint des feuilles de dessin A3 de différentes couleurs avec des matériels variés, de 4 à 14 ans, ils ont testé des mélanges, textures, outils. Ces feuilles leur serviront le 14 juin pour fabriquer des mobiles « à la Calder , qui décoreront notre terrain pour la fête de la musique, puis leur chambre !

 

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AG 20 mai 2017, rapport d’activité

AG de TERRAIN D’ENTENTE     Samedi 20 Mai 2017

L’association Terrain d’Entente est présente sur le quartier Beaubrun/Tarentaize depuis Avril 2011. Nous sommes engagés dans une démarche d’éducation populaire qui se réfère à la pédagogie sociale. Le terme de pédagogie sociale évoque toute une histoire socio éducative. C’est une pédagogie engagée, une pédagogie de l’action.

Ce terme est inspiré des pédagogies, de Yanus Korczak avec la république des enfants, de Célestin Freinet et les classes coopératives, Paolo Freire et la pédagogie des opprimés.

Chacun a su s’indigner face à une réalité sociale inacceptable, et s’est efforcé de construire des collectifs qui soient émancipateurs, source de transformations sociales, pour améliorer les conditions de vie des populations les plus à la marge des sociétés et leur assurer une vie digne, une conscience, une reconnaissance, une place.

Cette approche porte sur la critique de la réalité sociale, la nécessaire transformation de la société.

Nous sommes au fondement du travail social. C’est un problème de société qui nous concerne tous, le fait que des familles soient exclues, marginalisées, oubliées des structures qui sont censées accueillir tout le monde.

Il nous faut donc exercer de façon effective notre responsabilité collective dans l’éducation et la protection des enfants. Il nous faut rejoindre les personnes exclues là où elles vivent.

Il s’agit d’offrir un temps de présence de façon régulière, même jour, même lieu même heure et de s’engager auprès des personnes que nous rencontrons dans la durée.

Il nous faut chercher à transformer avec les personnes concernées ce qui est inacceptable: l’exclusion de tous les secteurs sociaux, économiques, politiques et culturels des  familles les plus pauvres, et toutes ses conséquences qui peuvent être dévastatrices.

Nous sommes présents sur le parc Jean Ferrat, nous proposons des ateliers de rue,  et nous prenons surtout le temps d’observer ce qui se passe autour de nous.

Nous avons  conscience quel nous ne sommes pas chez nous, que nous sommes  ignorants de beaucoup de choses. Notre travail est de comprendre et d’apprendre la réalité de ce que vivent les familles en construisant une relation au rythme de chacun, en donnant du temps au temps.

Cette posture permet la rencontre. Peu à peu, au fil des semaines, la parole se libère. A partir des besoins, des envies manifestés, des projets d’actions se mettent en place.

Ces actions collectives permettent  parfois de régler des problèmes concrets. Elles sont l’occasion de développer pleins de savoirs et surtout mettent en évidence des savoirs qui ne sont  pris en compte nulle part. Ensemble on sort de l’impuissance. Ensemble, nous avons fait un pas de plus dans la construction de rapports plus égalitaires et plus justes.

A partir de ces échanges, de ces actions, on comprend mieux la réalité. Ils permettent une remise en cause de nos a priori, de nos préjugés,  on construit ensemble des savoirs nouveaux.  De là leur pouvoir émancipateur.

La tâche de la pédagogie sociale, n’est pas de transmettre des contenus culturels, mais de s’occuper de la manière de dépasser les problèmes émergents des personnes en vue de leur développement et de leur intégration.

Nous sommes essentiellement centrés sur des actions collectives qui rendent possible certaines choses et mettent en évidence que le collectif est une force et une richesse.  Nous construisons avec les familles des projets qui répondent à des besoins, des envies, qui règlent des problèmes concrets. Nous encourageons les enfants à partir des conseils qui ont lieu chaque semaine, de devenir partie prenante de nos temps de rencontre, en les accompagnants dans leurs projets pour qu’ils puissent aboutir.

Nous faisons ensemble société, nous sommes de plus en plus centrés sur nos intérêts et préoccupations communes.

Nous n’avons pas d’intention particulière concernant la façon dont ce collectif devrait évoluer, par contre nous accordons beaucoup d’attention à chacun pour comprendre au mieux les besoins, les envies et pour y trouver ensemble les réponses les plus adaptées.

Nous offrons juste un temps de présence. Même jour même lieu même heure, on peut compter sur nous, tout au long de l’année. Ce temps de présence est proposé de manière libre, inconditionnelle et gratuite.

Un accueil libre, où l’on vient quand on veut, et l’on part quand on veut. C’est le respect du temps des personnes qui nous rejoignent quand c’est utile et possible pour elles.

Un accueil inconditionnel, pour tout le monde. Notre collectif organise ses rencontres à partir  du multi âge et du multiculturel. A l’image de notre belle France.

Un accueil gratuit, ce qui nous met dans un lien d’égalité. Chacun peut participer à nos rencontres en fonction de ses centres d’intérêts et pas selon ses possibilités financières. Ce qui contribue pour bonne part, à la possibilité pour chacun de s’engager et d’être partie prenante dans tous les projets menés.

 

Cette posture permet de percevoir peu à peu la façon dont les familles vivent les évènements qui traversent leur vie et de s’indigner ensemble face à ces situations d’abandon, de relégation, et d’en faire notre affaire.

Nous sommes au coeur de ce que la société produit de violent.

La violence se traduit essentiellement par la pauvreté qui s’aggrave et qui s’amplifie, par la précarité, qui est pire que la pauvreté. La précarité c’est la peur du lendemain qui peut être pire, c’est l’absence de perspective d’un avenir meilleur, c’est le renoncement à des envies, des projets qui ont du sens, à des rêves, c’est le replis sur soi: « aujourd’hui, il faut faire confiance à personne et se méfier de tout le monde…. »

La violence c’est le désengagement des institutions qui empêchent que les démarches parfois incontournables à la survie de ces familles, puissent aboutir. A la CAF, à St Etienne, on a supprimé les sièges dans la salle d’attente, les rendez vous ne peuvent plus être pris dans l’urgence. Dans d’autres administrations, les RDV avec les AS ne sont pas possible avant 1 mois, voire 2.  Et les problèmes administratifs et financiers qui continuent de s’aggraver.

La violence c’est Les petits boulots indignes, en dehors de toute légalité. Pour ne citer que la réalité des conditions de travail des femmes de ménage qui acceptent des conditions insupportables Ces femmes s’accrochent à ce travail. Le perdre serait de tomber encore plus bas, ce serait prendre le risque de perdre des droits.

Et nous pouvons aussi nous  émerveiller  de toutes ces ressources qui se manifestent, de toutes ces solidarités qui se développent de manière totalement invisible. De cette capacité à surmonter la fatigue, le découragement pour organiser une soupe pour 150 personnes, se mobiliser avec d’autres pour réaliser des projets.

De savoir renoncer au programme de sa journée pour accompagner une mère encore plus en difficulté pour essayer de régler un problème.

 

Une forte relation de confiance se construit au fil du temps. Nous le devons à cette connaissance et cette reconnaissance. C’est également notre présence  dans la durée, notre présence intense sur le quartier: du Mardi au samedi, tout au long de l’année, nous sommes là aussi les jours fériés, quand tout est fermé. Nous téléphonons très régulièrement: pour annoncer des sorties, pour prendre des nouvelles, pour évoquer des attentes plus particulières que les unes et les autres ont pu manifester.

Cette relation de confiance c’est peut être également construit sur la base de notre situation de précarité.  Nous existons depuis 6 ans, et nous n’avons toujours pas de local.  Nous dépensons une grande énergie, chaque année, pour obtenir  des financements insuffisants qui ne sont pas pérennes.  Nous subissons nous aussi cette absence de reconnaissance, cette incertitude du lendemain, cette instabilité de notre équipe qui change très souvent.

 

Ce statut très fragile, nous place dans un rapport d’égalité où l’implication de chacun est précieuse pour agir, penser, comprendre la réalité et que les projets puissent aboutir.

 

Depuis 3 ans, nous avons développé un partenariat avec le centre social du Babet et la médiathèque du quartier, et avec d’autres associations de quartier, de façon plus ponctuel. Des actions qui concernent nos différentes structures se sont développées.

Terrain d’Entente s’adresse à des familles très marginalisées, très précaires, qui ne trouvent pas toujours la force de s’adresser par elles mêmes aux structures du quartier, où qui ne trouvent tout simplement pas le temps. Terrain d’Entente s’efforce de décrire ce qu’il comprend du quotidien pour ces familles.

 

 Qu’avons nous construit tout au long de cette année?

Les ateliers de rue, se poursuivent le mercredi, le samedi, le vendredi pendant les vacances scolaires, de même que la garde des bébés le mardi après midi, le café des femmes le vendredi après midi, notre présence à la médiathèque les mardi, jeudi, vendredi de 16h30 à 18h30, les rencontres sur les pays d’origine (nous avons vécu une belle fête pour découvrir une partie de la Tunisie, pour fêter le printemps à la manière de la Kabylie) les sorties au bord de l’eau, les vacances à Retournac.

Avec nos amis « les moyens du bord », nous poursuivons nos rencontres, notamment pendant l’été. Il est prévu cette année de se retrouver régulièrement dans leur jardin pour vivre des temps de repas partagés en famille.

Les accompagnements individuels ont été plus centrés cette années sur les démarches dans le cadre de la scolarité des enfants (rendez vous avec les équipes enseignantes au collège, pour des conseils de disciplines, des changements d’orientation….)

 

Nous affirmons que nous sommes collectivement responsables de l’éducation et de la protection des enfants. Et nous nous efforçons de nous engager, avec  les acteurs volontaires de l’action éducative, pour construire, avec les parents, une communauté éducative, à l’échelle du quartier. Où chacun se sent engagé, responsable, impliqué, à égalité.

A l’exemple de l’action « 1001 Territoires pour la réussite de tous les enfants à l’école » Cette action part de la volonté de construire un  collectif, avec les parents et tous les partenaires concernés par l’éducation. Les parents, les structures de quartier, sont complémentaires de l’école.

La proposition au cours des différents échanges qui rassemblent les partenaires de l’éducation (parents, associations, DRE, REP), a été de faire des constats sur la façon dont chacun vit l’école. Ce qui fonctionne bien, ce qui est difficile, ce qu’on voudrait voir changer, les propositions éventuelles.

Depuis Avril 2016, des rendez vous réguliers se déroulent au centre social du Babet en présence des parents, des enseignants, de Terrain d’Entente, du DRE et du REP. Depuis le début de ces rencontres, la parole a pu circuler de manière positive. Elle est due pour bonne partie à la qualité de présence des parents. Ils ne sont pas venus pour dénoncer, mettre en cause les capacités pédagogiques des enseignants. Ils ont su exprimer leur difficulté à bien comprendre le fonctionnement de l’école,  il ont mis en évidence les contraintes qui les empêchaient de participer aux rencontres proposées dans l’école (la garde de leurs enfants en bas âge, leur honte pour certains, face à leur manque de compréhension de la langue française, de la lecture et de l’écriture….) On peut repérer une évolution rapide de ces temps de rencontres, les échanges se vivent de manière horizontale, chaque adulte présent exprime sa façon de comprendre la situation, fait des suggestions, prend position.

Nous avons, à partir de ces échanges, mis en place des actions qui deviennent pérennes. Notamment la présence des parents dans chaque école, une matinée par semaine, prévue sur le temps de décharge des directrices de façon à créer des rencontres régulières, pour permettre des échanges entre le représentant de l’école, d’un partenaire responsable de l’éducation et des parents: « les espaces info parents ».

Nous avons pu mesurer la volonté de nombreuses mères de famille à se mobiliser pour prêter main forte à des adultes plus en difficulté pour s’adresser à la bonne personne, au service concerné pour réaliser les démarches nécessaires à la scolarité de leurs enfants. Cette capacité à renoncer au programme de la matinée pour certaines et d’accompagner une mère qui n’arrive pas à s’orienter vers le service administratif adapté.

Nous commençons à envisager des temps d’animation au sein des écoles pour répondre à des préoccupations de parents. Des temps de jeux, entre adultes, pendant le temps scolaire sont déjà engagés à l’école de Tarentaize. Ces rencontres tentent de répondre aux préoccupations des parents de pouvoir aider leurs enfants dans les apprentissages.

Tout le monde connait des jeux, beaucoup en pratiquent. L’objectif est que ces temps s’organisent le plus possible sous forme d’échange de savoir. Il est question d’imaginer des temps de réalisation de jeux pendant « les espaces info parents ».

Des rendez vous sont également proposés pour évoquer plus particulièrement la question du collège.

 

De nombreux enfants sont en difficulté à l’école, ils ont rarement des activités périscolaires (sport, centre de loisir….). Par contre, ils savent se saisir de toutes les opportunités qu’on leur propose. Ils s’investissent et ils s’engagent pour des projets qui font sens pour eux. Ils ont un grand besoin d’expression et de reconnaissance.

Nous nous centrons sur des modes d’expression artistique

Atelier Théâtre:

En Septembre 2016, nous avons pu embaucher une comédienne pendant 6 mois. Elle a proposé à un groupe d’enfants des rencontres « théâtre » dans le cadre d’un partenariat avec l’Amicale de Tardy. Pendant 4 mois les enfants se sont initiés au théâtre, ces différentes séances ont abouties à un spectacle en Janvier : « Seul le chien ».

Nous avons emmené enfants et parents à cinq spectacles de la Comédie de Saint-Etienne, dont un à l’opéra (Carnaval jazz des animaux). Chaque fois ce sont 10 enfants et 5 adultes qui ont pu penser, rire, s’émouvoir, devant des pièces de théâtre de qualité.

 

Atelier écriture:

Dans le cadre d’un partenariat avec la médiathèque qui a pu financer l’intervention d’une professionnelle. Un groupe d’enfants a été initié à différentes techniques d’écriture. Leur travail a abouti à l’expression de la réalisation de différents textes dans le cadre du « Babel des poèmes » pendant le printemps des poètes, en Avril 2017.

L’atelier peinture:

Il est devenu pérenne depuis plusieurs années. En présence de Chantal qui est arthérapeute et qui propose différents modes d’expression picturales aux enfants.

 

L’atelier paperolle: l’art de rouler le papier.

Une jeune étudiante en formation d’éducatrice a proposé cette technique qui permet de réaliser des tableaux en relief.

Depuis le mois de février, les enfants s’initient à cet art (datant de la renaissance).

L’avantage de cet art est qu’il est a la porté de tous, que ce soit au niveau du matériel requit (bandelettes de papiers,ciseaux, colle) ou du niveau artistique de chacun.

De belles créations ont pu être exposées au « mercredi du livre » pour servir d’exemple, place Jean Jaurès à Saint Etienne (Nous avions été contactés par la Mairie, pour animer un atelier,  suite à la qualité repérée des origamis réalisés par les enfants dans la vitrine de la librairie Croque’linottes.)

Trois jeunes filles ont tenues l’atelier et ont su à leur tour, transmettre aux passants leur savoir faire. Une occasion pour les jeunes de montrer leurs potentiels et leur envie de partager leur travail. Une occasion pour l’Association de sortir du quartier et faire connaitre nos actions et nos valeurs. Chaque personne quelque soit son âge et ses origines à quelque chose à apporter et transmettre aux autres. Cet atelier fut un bon exemple de cette possibilité de transmission.

 

Nous recherchons des modes de manifestation pour mettre en valeur toutes ces productions. On peut dire aujourd’hui: vous connaissez les enfants de Tarentaize? Ah oui, ceux qui ont réalisé l’exposition de peinture à l’amicale de Chapelon, ceux qui ont décoré la librairie croque’linotte avec des origamis, ceux qui ont animé des ateliers paperolles dans le cadre de la fête du livre, ceux qui sont sur le clip de RLM « hiver arabe », ceux qui ont réalisé une émission de radio….

 

Le tournoi de foot en soutien au peuple palestinien                                                                    Samedi 27 Aout, Terrain d’Entente a organisé un tournoi de foot à l’Estivallière, en soutien au peuple palestinien, en partenariat avec le collectif BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions)

Durant l’après midi, 200 personnes sont venues soutenir cette action, un grand nombre ont participé au tournoi dont une équipe de mères de Terrain d’Entente.

Nous nous sentons particulièrement affectés, touchés dans notre dignité, par ce que subit ce peuple depuis si longtemps. Il est victime de la barbarie raciste la plus brutale et la plus destructrice. Il faut que ça cesse. Nous soutenons donc l’action de boycott lancée depuis plus de 10 ans et qui rayonne au niveau international, parce que nous estimons que c’est un moyen de lutte à la portée de chacun et qui a fait les preuves de son efficacité. Nous croyons possible grâce à cette immense mobilisation citoyenne que le peuple palestinien retrouve sa liberté et sa dignité. Nous avons conçu ce tournoi comme une contribution à ce mouvement porté par BDS.

Participation au Clip RLM « hiver Arabe« .

Suite à cette journée à l’Etivallière, des liens d’amitié se sont tissés avec les membres de BDS. Nous avons été invités le Dimanche 5 Mars à manifester notre solidarité envers le peuple de Syrie, 30 personnes de Terrain d’Entente ont répondu à l’appel (des adultes et des enfants)

Atelier boxe avec « sport autrement »

Des amis de cette association ont proposé un après midi d’initiation à un groupe d’adolescents. Il est possible pour ceux qui aiment ce sport, de pouvoir aller s’entraîner gratuitement dans les locaux de ce club

 

Atelier massages, coiffure

Dans le cadre du café des femmes, nous développons des ateliers bien être, beauté. Ces adultes sont très meurtries par les difficultés du quotidien. Elles manifestent beaucoup de fatigue, de douleur. Elles n’ont que très peu d’occasion de prendre soin d’elles. Une masseuse nous rencontre une fois par mois pour nous proposer des séances d’échanges de  savoir à partir d’auto massage.

Nous poursuivons nos sorties au hammam, des ateliers coiffures.

 

Rencontre autour des conditions de travail des femmes de ménages:

La plus part des femmes qui travaillent sur la quartier sont femmes de ménages. Nous avons vécu plusieurs rencontres avec un syndicat pour mettre en évidence les difficultés et rechercher les meilleurs moyens de faire valoir les droits du travail.

Nous avons pu réaliser les difficultés concrètes: être prévenu à 6h du matin pour être opérationnel sur le chantier à 7h le jour même, ne pas être payé pendant le temps de déplacement qui peut aller jusqu’à une heure, ne pas avoir de pose de toute une matinée, la dureté du travail en lui même, les produits ménagés extrêmement polluants….

 

Ouverture d’un salon de thé éphémère: « Thé le bienvenu »                     

Nous avons ouvert un salon de thé éphémère dans le cadre de la Biennal du Design à St Etienne durant le mois de Mars 2017.

L’association « Ici Bientôt »  nous a proposé,  une mise à disposition d’un local pour nous donner l’occasion de vivre cette expérience de prise en charge collective d’un salon de thé, dans la rue de la Ville, qui  est à 10 minutes à pied du quartier de Tarentaize.

Nous avons répondu à cette invitation qui faisait sens pour nous. En effet, suite aux fêtes de fin d’année, nous avions pu faire le constat, avec les familles adhérentes, que nos capacités à nous organiser collectivement avaient énormément progressé cette année. Nous avions pu en effet accueillir 150 personnes pour partager un repas et différents temps de fête dans de très agréables conditions, grâce à la participation active des uns et des autres.

Il est à noter que le fait de proposer un repas pour 150 personnes ne revient pas à la même chose que de savoir assumer au quotidien la cuisine familiale. C’est une organisation qui relève de véritables compétences professionnelles. C’est un travail qui demande de nombreuses aptitudes, comme celles de savoir anticiper le temps nécessaire aux différentes préparations, de prévoir les bonnes proportions des différents aliments nécessaires à la réalisation des différents plats, la gestion du travail collectif, la répartition des tâches….

Les connaissances de ces familles dans tous ces domaines sont infinies.

A l’occasion de ce bilan de fin d’année, une adhérente nous avait annoncé  qu’elle avait  un agrément qui lui donnait la possibilité d’ouvrir un salon de thé.

Elle avait réalisé une formation quelques années auparavant, mais n’avait pas obtenu de prêt à la banque du fait de son trop faible budget et avait du renoncer à ce rêve. Elle s’était ensuite résolu à faire des ménages de manière à assurer au mieux, un moyen de subsistance à sa famille.

L’impact de cette initiative a été stupéfiant. En premier lieu pour notre collectif. Une semaine avant le démarrage de cet évènement, nous nous sommes retrouvées 20 femmes du quartier pour envisager un mode d’organisation. Tout a été élaboré à partir de ces rencontres. Nous avons identifié les besoins matériels et reparti les tâches, plusieurs ont prêté, voire même donné ce qui pouvait nous manquer, nous avons réalisé un règlement intérieur, un calendrier de présence pour la tenu du salon de thé, pour la réalisation des gâteaux…..

Globalement, nous avons su nous organiser collectivement et notre présence à cet évènement a été appréciée et remarquée.

Nous avons fait la démonstration de notre capacité à nous mobiliser pour que tout soit beau, bon et chaleureux, pour que les tarifs proposés soient accessibles à toutes les bourses. Certains même ont été accueillis alors qu’ils ne consommaient rien.

Et il s’agit bien des familles dans leur globalité. Notre salon a été entièrement décoré par les oeuvres des enfants, réalisées tout au long de l’année. Certains ados sont venus spontanément pour nous proposer de distribuer l’information sur les heures d’ouverture de notre  salon « thé le bienvenu ». Ils ont souhaité parler de cette initiative, au cours d’une émission de radio.

On peut dire aujourd’hui, vous connaissez les familles de Tarentaize?

Ah oui, ces parents qui s’impliquent dans la démarche « 1001 Territoires, pour la réussite de tous les enfants à l’école », ces parents qui organisent des diaporamas pour les rencontres pays d’origine, ces parents qui organisent des soupes qu’ils offrent sur l’espace public pour manifester leur position face à certains évènements qui traversent la société, ces parents qui participent à l’animation d’une rue en ouvrant un salon de thé, dans le cadre de la Biennale….

 

Nous projetons une émission de radio qui s’inscrirait dans le temps et qui serait l’occasion pour certains enfants volontaires de pouvoir parler de leur réalité, de ce qui les préoccupent et les intéressent. De mettre en valeur leur capacité à dire et à se faire comprendre. De se projeter dans le temps, de travailler à la préparation d’une émission, de s’organiser avec d’autres, de s’ouvrir à d’autres réalités que celles du quartier. Notre première émission le 8 Mars, en présence de 3 adolescents a été très encourageante.

Pour terrain d’entente, une émission de radio, c’est la possibilité de mettre en évidence cette démarche alternative dans le travail social. De faire comprendre le sens de la pédagogie sociale qui est essentiellement un engagement auprès des populations les plus discriminées et la volonté de faire nôtres les problématiques  que traversent ces familles dont le quotidien reste extrêmement précaire. Nous nous engageons pour transformer ce que nous estimons inacceptable et que nous reconnaissons comme nos affaires, nos préoccupations. Dans cette société qui divise et qui oppose, nous nous organisons pour faire tous ensemble société,  à partir de nos préoccupations et de nos centres d’intérêts communs.

 

Nous envisageons d’ouvrir un salon de thé de façon pérenne, encouragé dans nos recherches par l’association Ici Bientôt. Nous avons réalisé cette année nos capacités à nous engager ensemble dans des actions et ce de façon très professionnelle Ce lieu nous permettrait également de mener à bien des ateliers bien être, beauté pour ces adultes qui ont si peu d’occasion de prendre soins d’eux.

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La boîte à Surprises invite Terrain d’Entente

Au mois de mars dernier nous avons eut le plaisir et la chance de pouvoir participer à une émission de Radio avec plusieurs adolescents du quartier de Tarentaize. Nous avons put enregistré une émission très riche et dense,d’un peu plus d’une heure, où nous avons put expliquer le sens de notre démarche et le quotidien de Tarentaize.
Pour terrain d’entente, une émission de radio était la possibilité de mettre en évidence cette démarche alternative dans le travail social. De faire comprendre le sens de la pédagogie sociale qui est essentiellement un engagement auprès des populations les plus discriminées et la volonté de faire nôtres les problématiques que traversent ces familles dont le quotidien reste extrêmement précaire. Il était aussi important pour ces adolescents d’avoir (pour une fois) le droit d’exprimer leurs envies, leurs colères… en bref, leurs réalités.
Dans cette société qui divise et qui oppose,il nous apparait comme primordiale de nous organiser, pour faire tous ensemble société, à partir de nos préoccupations et de nos centres d’intérêts communs.

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Les enfants et leur atelier Paperolle place Jean Jaurès

Les enfants et leur atelier Paperolle place Jean Jaurès

L’Association Terrain d’Entente a tenu un atelier paperolle (l’art de rouler le papier) place Jean Jaurès à Saint-Etienne le mercredi 19 avril 2017, dans le cadre des mercredis du livre.

Nous avons été contactés par la mairie suite à la qualité des origamis réalisés par les enfants dans la vitrine de la librairie Croque ’linottes.

La force de notre association se trouve dans la diversité et la complémentarité des personnes la composant. Chaque personne de l’équipe possède des qualités et des compétences mises au service dans l’ensemble de notre communauté.

Ce choix d’atelier nous a paru logique et dans la continuité de nos activités à Terrain d’Entente. Depuis le mois de février, les enfants s’initient à cet art (datant de la renaissance), lors de nos ateliers de rue les mercredis et samedis après-midi. L’avantage de cet art est qu’il est à la portée de tous, au niveau du matériel requis (bandelettes de papiers, ciseaux, colles) ou du niveau artistique de chacun.

 

 

Ils ont pu découvrir cet art, apprendre les techniques et se les réapproprier  pour que chacun crée son univers. Cet apprentissage fut partagé par une vingtaine d’enfants et de belles créations ont pu être exposées au mercredi du livre pour servir d’exemple.

L’atelier place Jean Jaurès fut un projet partagé par de nombreuses personnes. Les trois jeunes filles qui ont tenu l’atelier ont su à leur tour, transmettre aux passants leur savoir-faire. Ce fut un après-midi plein de discussions, de bonne humeur, de sourires. Les parents des enfants participants sont restés pour s’initier eux aussi ou prendre le temps d’échanger avec les personnes présentes.

C’est l’occasion pour les jeunes de montrer leur potentiel et leur envie de partager leur travail en dehors de leur famille ou de leurs amis. Les filles ont fait preuve de patience et de pédagogie pour expliquer cet art peu connu. La tenue de cet atelier paperolle fut une expérience très positive pour l’ensemble des personnes présentes.

Un enrichissement mutuel s’est fait lors de cet atelier paperolle car chaque personne dans son individualité a su s’approprier une technique de base pour inventer de nouvelles créations de roulage. Une coopération c’est mise en place entre les jeunes pour partager leur façon de faire. Sur l’ensemble des cinq heures d’atelier, il y a eu une multitude de réalisations en papier. En fonction de l’âge des enfants et de leurs envies, des prénoms, des paysages ou encore des formes abstraites ont été réalisées. Les créations furent d’une grande diversité et de qualité.

Ce fut aussi l’occasion pour l’Association de sortir du quartier et faire connaître nos actions et nos valeurs ayant comme socle une communauté éducative. Chaque personne quels que soient son âge et ses origines à quelque chose à apporter et transmettre aux autres. Cet atelier fut un bon exemple de cette transmission.

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« LA SOUPE DE L’AMITIE »: « Tous humains, tous différents… Allons à la rencontre de l’autre … Partageons la même soupe ».

Environ 150 personnes nous ont rejoint durant ce temps de partage..

Nous avons décidé d’organiser cette soupe suite à l’attentat contre Charlie Hebdo pour faire la démonstration qu’il est possible et heureux de construire des choses tous ensemble et de pouvoir faire société commune. Nous sommes contre les amalgames et la stigmatisation des musulmans engendrés par les médias.

Cette décision collective a été le fruit de nombreux débats entre les membres de l’association, à l’occasion du café des femmes. De nombreuses familles avaient du mal à se positionner par rapport à cet évènement. Elles voulaient affirmer qu’elles s’indignaient face à la violence de cet attentat mais qu’elles étaient également contre les caricatures dessinées par le journal de Charlie Hebdo, vécues comme un blasphème envers le prophète.

Des associations amies se sont joint à ce projet : Vivre à Beaubrun, Les Moyens du Bord, Globe 42, le centre social du Babet.

Nous avons tracté devant les écoles du quartier, pour annoncer cet évènement. Beaucoup de familles ont été touchées par la démarche qui a permis de parler d’un sujet tabou sur le quartier. Tous les petits commerces contactés ont réagit également de façon positive à cette invitation.

Des amis musiciens étaient venus manifester leur solidarité. Ils ont apportés ainsi un petit air de fête à ce rassemblement, car il y a de quoi se réjouir aujourd’hui de tout ce que nous savons construire ensemble, dans nos diversités, dans ce contexte sociale très fragile et éprouvant pour beaucoup.

Avant le partage de la soupe, nous avons expliqué les raisons de ce rassemblement:

Il nous a fallu tout ce temps non pas pour réagir au drame de Charlie hebdo. Sans hésitation, notre solidarité est allée à tous les journalistes, salariés, policiers, victimes de cette tragédie. Mais aujourd’hui, nous voulons dire que nous refusons qu’au nom de cette tragédie, se développent des propos et des politiques de stigmatisation vis-à-vis de toute une partie des familles des quartiers populaires

Ce qui nous a également profondément affectés, scandalisés, et beaucoup inquiétés, dans l’affaire de Charlie, c’est la réponse de l’état qui a été essentiellement sécuritaire. On croise aujourd’hui des militaires dans les gares, dans les grandes surfaces, dans certains quartiers. Des enfants ont été convoqués au commissariat parce qu’ils disaient qu’ils n’étaient pas Charlie, plusieurs adultes ont été emprisonnés pour les mêmes raisons.

De nombreux indicateurs manifestent un peu partout un profond mal être sociale qui s’aggrave. Il faut des réponses à la hauteur de la gravité de la situation.

Et nous savons tous aujourd’hui ce qui fait le lit de la violence. Une violence qui répond à une autre violence : la pauvreté d’un nombre toujours plus important de

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Les enfants du chaos…. Les enseignements et les actions qui en découlent….

En septembre 2016, Terrain d’Entente a fait la proposition à la médiathèque de Tarentaize, d’inviter Alain Bertho pour parler de son dernier livre, « les enfants du chaos ». Ce qu’il évoque de la situation sociale et politique rentre en résonance avec la grille d’analyse et la démarche portée par la pédagogie sociale.

Alain BERTHO est anthropologue, il enseigne à l’université Paris-8 et consacre ses travaux aux mobilisations urbaines et aux émeutes. Il a publié comme dernier ouvrage, « les enfants du chaos. Essaie sur le temps des martyrs »

Dans cette analyse, Alain Bertho situe les derniers évènements meurtriers du mois de Novembre à Paris à partir de différents épisodes de notre histoire.

« Toute une partie de la jeunesse française est constituée de petits-enfants ou d’arrières petits enfants de personnes venues des ex-colonies françaises pour travailler en métropole et que l’on a traitées comme des chiens lorsque l’industrie a commencé à battre de l’aile. Quelque chose s’est constituée sur quatre générations autour de stigmates accumulés dans une population que l’on n’a jamais considérée comme complètement française. Aujourd’hui, une partie de cette population revendique une fierté et une identité à travers l’islam.

A cela s’ajoutent les désillusions et la perte d’avenir qui touchent tous les jeunes, et pas seulement ceux qui sont nés dans des familles de culture musulmane.

On a pu observer une réislamisation de populations des banlieues après les émeutes de 2005, liée à la façon dont on a géré ces événements. La quasi-totalité de la classe politique de l’époque a estimé qu’il était scandaleux de brûler des voitures bien avant de s’indigner de la mort de deux enfants. Cette priorité accordée aux voitures incendiées a eu un effet symbolique dramatique sur la jeunesse des quartiers, que l’on a laissée seule.

Cette expérience collective a sans doute eu un effet souterrain largement sous-estimé. Le passage à l’acte s’inscrit dans un contexte historique, social et culturel. »

Dans ses recherches, Alian Bertho interpelle les acteurs de l’action sociale

« L’urgence n’est pas de « déradicaliser » une poignée de jeunes que l’on aura isolés des autres, mais d’accompagner les milliers de jeunes aujourd’hui en rupture et en danger, et d’imaginer des solutions permettant une remédiation générale. Il faut travailler au plus près de ces jeunes, et pour cela on devrait recruter en masse des travailleurs sociaux. »

Nous n’avons pas la prétention d’imaginer que la pédagogie sociale va mettre daech en difficulté, hélas. Mais nous souhaitons prendre notre part de responsabilité dans les questions qui nous sont posées par notre époque. La question des conséquences dévastatrices pour les populations qui sont discriminées, dans ces quartiers relégués qui concentrent la misère, et où il ne semble plus y avoir d’espoir d’un avenir meilleur. Nous pouvons affirmer aujourd’hui à partir de ces 6 années d’expérience sur le quartier, que c’est possible de faire tous ensemble société, que lorsque des espace sont ouverts, les gens sortent de chez eux, se mobilisent pour réaliser des projets avec d’autres, pour construire des relations d’entraide et de solidarité. Et nous allons tous ensemble bien mieux en construisant ce climat de confiance et de reconnaissance mutuelle. Un collectif multiculturel, qui est porteur d’avenir

Nous avons souhaité proposer ce temps de rencontre parce que nous ressentons une urgence à réagir face à la menace actuelle.

Une double menace en fait, celle des folies meurtrières qui se multiplient partout et que rien ne semble pouvoir arrêter, et celle de la réponse exclusivement répressive de notre gouvernement.

Le maintient de l’état d’urgence est en train de transformer nos rapports sociaux en grande peur de l’autre. Plus on s’enfonce dans l’ordre sécuritaire, plus la politique apparaît comme une guerre que l’état mène à la société. Il ne semble plus y avoir de limite à la stigmatisation des musulmans.

Tout dans leur comportement irait à l’encontre des valeurs fondamentales de notre pays. Mais on fait peu de cas de ces valeurs dans des débats plus déterminants quant à notre devenir.

Que dire de l’égalité, face au passage en force de la loi travail?

Que dire de la liberté alors que l’état d’urgence est constamment renouvelé?

Que dire de la fraternité avec la stigmatisation d’une partie de la population?

Que dire de la laïcité quand elle sert systématiquement d’arme contre les musulmans?

Des initiatives existent, qui pensent et expérimentent d’autres formes d’intervention sociale. Cette rencontre est l’occasion de réfléchir ensemble à l’impact d’une démarche particulière qui mobilise de nombreux acteurs sur différents territoires : la pédagogie sociale. Démarche dans laquelle l’association terrain d’Entente est engagée depuis 6 ans, sur le quartier Tarentaize/Beaubrun.

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1001 Territoires, pour la réussite de tous les enfants à l’école

Il y a 5 ans, un comité « pouvoir d’agir » s’est crée, à Paris, à partir de différents constats: les enfants des milieux populaires sont massivement en difficulté à l’école. Il n’y a pas d’espace pour se parler entre enseignants et parents. Les attentes par rapport à l’école sont différentes dans les deux milieux. Beaucoup de rendez vous manqués pour pouvoir mieux se comprendre. Des convictions étaient également mises en évidence: chaque enfant, dès 3 ans a toutes les capacités pour rentrer dans les apprentissages scolaires. Il est nécessaire de créer des conditions d’accueil des familles dans l’école pour construire des liens de connaissance et de reconnaissance mutuelle. La co éducation à l’école est possible et incontournable pour offrir les meilleures conditions d’apprentissage aux enfants.

Cette action part donc de la volonté de constituer une communauté éducative. Construire un collectif, avec les parents et tous les partenaires concernés par l’éducation, pour aller ensemble dans le même sens, pour le bien être des enfants. Les parents, les structures de quartier, sont complémentaires de l’école.

Sur le quartier Beaubrun/Tarentaize, la proposition au cours des différents échanges qui rassemblent les partenaires de l’éducation (parents, associations, DRE, REP), a été de faire des constats sur la façon dont chacun vit l’école. Ce qui fonctionne bien, ce qui est difficile, ce qu’on voudrait voir changer, les propositions éventuelles.

Depuis Avril 2016, des rendez vous réguliers se déroulent au centre social du Babet en présence des parents, des enseignants, de Terrain d’Entente, du DRE et du REP. Depuis le début de ces rencontres, la parole a pu circuler de manière positive. Elle est due pour bonne partie à la qualité de présence des parents. Ils ne sont pas venus pour dénoncer, mettre en cause les capacités pédagogiques des enseignants. Ils ont su exprimer leur difficulté à bien comprendre le fonctionnement de l’école, il ont mis en évidence les contraintes qui les empêchaient de participer aux rencontres proposées dans l’école (la garde de leurs enfants en bas âge, leur honte pour certains, face à leur manque de compréhension de la langue française, de la lecture et de l’écriture….) On peut repérer une évolution rapide de ces temps de rencontres, les échanges se vivent de manière horizontale, chaque adulte présent exprime sa façon de comprendre la situation, fait des suggestions, prend position.

Nous avons, à partir de ces échanges, mis en place des actions qui deviennent pérennes. Notamment la présence des parents dans chaque école, une matinée par semaine, prévue sur le temps de décharge des directrices de façon à créer des rencontres régulières, pour permettre des échanges entre le représentant de l’école, d’un partenaire responsable de l’éducation et des parents: « les espaces info parents ».                                                                                                     Nous avons pu mesurer la volonté de nombreuses mères de famille à se mobiliser pour prêter main forte à des adultes plus en difficulté pour s’adresser à la bonne personne, au service concerné pour réaliser les démarches nécessaires à la scolarité de leurs enfants. Cette capacité à renoncer au programme de la matinée pour certaines et d’accompagner une mère qui n’arrive pas à s’orienter vers le service administratif adapté.                                                                                   Nous commençons à envisager des temps d’animation au sein des écoles pour répondre à des préoccupations de parents. Des temps de jeux, entre adultes, pendant le temps scolaire sont déjà engagés à l’école de Tarentaize. Ces rencontres tentent de répondre aux préoccupations des parents de pouvoir aider leurs enfants dans les apprentissages.                                                        Tout le monde connait des jeux, beaucoup en pratiquent. L’objectif est que ces temps s’organisent le plus possible sous forme d’échange de savoir. Il est question d’imaginer des temps de réalisation de jeux pendant « les espaces info parents ».

« Travailler ensemble, produire ensemble, ce n’est pas seulement apprendre comment faire les choses, mais aussi trouver ensemble l’énergie et la raison de le faire ». (Laurent OTT)

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